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 Comment nourrir 10 millions de personnes en 2050

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Pour répondre aux défis de l’alimentation mondiale dans les prochaines décennies, le secteur agricole va devoir évoluer en profondeur, conclut un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié le 22 février. Le constat est connu : d’ici à 2050, l’humanité comptera près de 10 milliards de personnes qui mangeront de moins en moins de céréales mais de plus en plus de viande, de fruits, de légumes et d’aliments transformés. Cette hausse de la population aura pour effet d’augmenter la demande mondiale en produits agricoles de 50 % par rapport au niveau actuel.

A cela s’ajoute que depuis les années 1990, les augmentations moyennes enregistrées pour les rendements de maïs, de riz et de blé dépassent tout juste 1 %. « Étant donné le peu de possibilités s’offrant à nous pour développer l’utilisation de la terre et des ressources en eau dans le secteur agricole, les augmentations de production nécessaires afin de faire face à la hausse de la demande alimentaire devront principalement être générées par une amélioration de la productivité et par une utilisation efficace des ressources », prévient donc le rapport. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui

Parmi les freins actuels à ce défi, le rapport cite les pénuries d’eau, l’épuisement des sols et les systèmes d’élevage nécessitant de nombreuses ressources et entraînant d’importantes déforestations. Les systèmes alimentaires de notre planète sont en mesure de produire assez de nourriture de manière durable, mais exploiter au mieux ce potentiel et s’assurer que toute l’humanité en profite requerra des « transformations majeures », préviennent les auteurs. En plus d’augmenter la production et de renforcer la résilience des systèmes, il sera indispensable de créer des chaînes agroalimentaires capables de mieux connecter les agriculteurs des pays à faibles et moyens revenus aux marchés urbains.

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Sans ces efforts, plus de 600 millions de personnes seront toujours sous-alimentées en 2030, conclut le rapport.

Actuellement, la famine qui menace le Nigeria, la Somalie, le Sud-Soudan et le Yémen, frappés par les conflits et la sécheresse, expose près de 1,4 million d’enfants à la malnutrition aiguë sévère, a annoncé le 21 février l’Unicef.