Le développement des biocarburants s’opère comme le lancement d’une fusée à quatre étages, selon Claude Roy, coordonnateur interministériel pour la valorisation de la biomasse.
– Premier étage, on commence par là où la demande est la plus forte, c’est-à-dire par le substitut au gazole. C’est ainsi que la politique française vise d’abord à saturer les capacités de production de biodiesel en maximisant les surfaces de colza-carburant, en produisant du tournesol-carburant, en récupérant au passage des graisses animales (pour environ 150 000 tonnes d’ester) ainsi que 50 000 tonnes d’ester à partir d’huiles de friture. L’importation d’huile de palme pourrait couvrir le dizième de la production d’ester, afin de compenser l’excès d’iode de l’huile de tournesol.
– À un deuxième étage, on développe la production d’éthanol en commençant, là aussi, par là où la demande est déjà présente : c’est ainsi que le premier débouché de l’éthanol est l’ETBE. Ce débouché peut absorber 400 000 tonnnes d’éthanol. De même, on commence à estérifier les huiles végétales non plus avec du méthanol, dérivé pétrolier, mais avec de l’éthanol. Ce débouché peut représenter 200 000 tonnnes d’éthanol.
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– À un troisième étage, on cherche à atteindre les 7% d’incorporation de biocarburants dans les carburants. On élargit alors le débouché de l’éthanol en l’introduisant directement dans les essences et en développant les pompes E85 (à éthanol à 85% dans l’essence) pour les moteurs flex-fuel.
– Au quatrième étage, à partir de 2010, les biocarburants sortiront du cadre des seules grandes cultures pour s’élargir à la forêt et à la prairie : on développera la transformation de la lignocellulose du bois et des fibres en alcool, on fabriquera du gazole de synthèse avec de la biomasse.