Japon > Les réductions tarifaires ainsi que l’élimination des obstacles non tarifaires au commerce devraient améliorer sensiblement les conditions d’accès au marché japonais des denrées alimentaires et boissons européennes. C’est en tout cas ce qu’affirme FoodDrinkEurope, le porte-voix de l’industrie agroalimentaire de l’UE, suite à l’annonce d’un accord de principe sur un partenariat économique UE-Japon.
« L’accord de principe pour un partenariat économique (APE) entre l’UE et le Japon, annoncé le 8 décembre, renforcera les relations avec l’un de nos principaux partenaires commerciaux et devrait bénéficier aux consommateurs japonais qui auront un meilleur accès à des produits européens de haute qualité, tels que les produits laitiers, les produits à base de viande, la confiserie, les boissons et les produits ayant des indications géographiques européennes », souligne Florence Ranson, porte-parole de FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE.
Tout en rappelant que le Japon est le quatrième marché d’exportation des produits alimentaires et de boissons de l’UE, avec 4,9 milliards d’euros en 2016, cette responsable souligne que l’accord commercial conclu avec Tokyo revêt une importance stratégique puisqu’il renforcera la position concurrentielle du secteur agroalimentaire européen dans la très dynamique région de l’Asie-Pacifique en pleine croissance. Des estimations récentes de la Commission européenne prévoient que les exportations communautaires d’aliments transformés vers le Japon pourraient augmenter jusqu’à 180 %.
Au total, 18 séances de négociations et plusieurs réunions au niveau technique et politique depuis 2013 ont été nécessaires pour aboutir à cet accord avec le Japon, lequel devrait compléter le tableau des accords commerciaux négociés avec succès dans la région, tels que ceux conclus entre l’UE et la Corée du Sud et ceux qui seront conclus prochainement avec Singapour et le Vietnam. À la suite des progrès engrangés lors du sommet UE-Japon (6 juillet 2017 à Bruxelles), les négociateurs des deux parties vont poursuivre à présent leurs travaux pour aborder les points techniques restants et parvenir à un texte final de l’accord d’ici la fin de l’année 2017. L’achèvement de tout le processus d’adoption (révision juridique et traduction dans toutes les langues de l’UE) devrait intervenir d’ici la mi-2018 pour permettre l’entrée en vigueur de l’accord UE-Japon au début de 2019.
Éléments clés de l’accord de partenariat économique UE-Japon
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Globalement, les droits de douane sur plus de 90 % des exportations de l’UE vers le Japon seront éliminés dès l’entrée en vigueur du partenariat économique. Une fois l’accord pleinement mis en œuvre, le Japon aura supprimé les droits de douane sur 97 % des marchandises importées de l’UE (dans les lignes tarifaires), les autres lignes tarifaires étant soumises à une libéralisation partielle par le biais de contingents tarifaires ou de réductions tarifaires. Les exportateurs de l’UE devraient économiser près d'un milliard d’euros par an en droits de douane.
Si l’on se focalise sur le seul secteur agroalimentaire, au fil du temps, environ 85 % des produits agroalimentaires de l’UE (dans les lignes tarifaires) pourront entrer au Japon en franchise de droits. L’accord éliminera ou réduira fortement les droits de douane sur les produits agricoles dans lesquels l’UE a un intérêt majeur à exporter, tels que la viande de porc, la principale exportation agricole de l’UE vers le Japon, garantissant des échanges en franchise de droits avec la viande de porc transformée et des échanges presque en franchise de droits pour les exportations de viande de porc fraîche. Les droits de douane sur le bœuf passeront de 38,5 % à 9 % sur 15 ans. Les droits sur le vin seront supprimés dès le premier jour, de même que les autres boissons alcoolisées. Pour ce qui est des exportations de fromages, des droits élevés seront supprimés sur de nombreux fromages à pâte dure tels que le gouda et le cheddar (actuellement à 29,8 %) et un contingent en franchise de droits sera établi pour les fromages frais tels que la mozzarella. Les droits de douane actuels seront également supprimés (avec une période transitoire) pour les produits agricoles transformés tels que les pâtes alimentaires, le chocolat, la poudre de cacao, les bonbons, les confiseries, les biscuits, les dérivés de l’amidon, les tomates préparées et la sauce tomate.
En ce qui concerne les indications géographiques (IG), une protection sur le marché japonais sera assurée à plus de 200 produits agricoles comme par exemple : Roquefort, Aceto balsamico di Modena, Prosecco, Jambon d’Ardenne, Tiroler speck, Polska wódka, Queso manchego ou Lübecker. Dans le domaine de la pêche, les quotas d’importation ne seront plus appliqués et tous les droits de douane seront supprimés des deux côtés, ce qui, espère-t-on, se traduira par de meilleurs prix pour les consommateurs de l’UE et de grandes possibilités d’exportation pour l’industrie communautaire (1).
és des baleines depuis plus de 35 ans, ce qui ne changera pas avec l’accord de partenariat économique conclu avec le Japon.