Bruxelles doit présenter en novembre une étude sur les effets cumulatifs des accords de libre-échange conclus par l’UE, en particulier dans le secteur agricole. La commissaire européenne au commerce juge « toujours possible » de conclure les négociations avec le Mercosur qui, selon elle, ne sont pas « en danger » malgré la situation politique au Brésil.
La Commission européenne doit présenter d’ici « quelques semaines » une étude sur les effets cumulatifs des accords commerciaux conclus par l’UE, en particulier dans le secteur agricole, a annoncé le 5 octobre le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, qui participait à Innsbruck (Autriche) à une réunion informelle des ministres du commerce de l’UE. « L’idée, c’est d’avoir une approche plus globale des effets des accords de libre-échange sur certains secteurs, dont l’agriculture », a expliqué le ministre belge, dont le pays est à l’origine de cette demande soutenue par la France, l’Italie et des États membres d’Europe centrale et orientale. « Il ne suffit pas de dire que l’effet d’un accord commercial est marginal. Sur un accord, c’est peut-être vrai, mais pas sur cinq ou dix », a-t-il estimé, ajoutant : « On veut que les chiffres soient clairement apparents. »
Mercosur : un accord « toujours possible »
La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström est « tout à fait prête à rentrer dans le débat », a assuré Didier Reynders. Selon une source européenne, la Commission a promis de remettre son nouveau rapport « en novembre ». Le précédent rapport remontre à novembre 2016 (1). Portant sur douze accords conclus, en discussion ou encore à négocier à l’époque, il prévoyait, de façon plutôt prévisible, des gains commerciaux pour les secteurs du lait et du porc ainsi qu’un impact négatif pour le bœuf, le riz ainsi que le mouton, la volaille et le sucre.
Écartant les rumeurs de suspension des négociations de libre-échange avec le Mercosur, Cecilia Malmström a déclaré, à Innsbruck, à propos de ces pourparlers : « Nous sommes très près, mais il reste encore des choses difficiles, ce qui est normal. » (2)
Alors que les élections présidentielles brésiliennes des 7 et 28 octobre prochains offrent des perspectives politiques très floues, la commissaire européenne au commerce a ajouté : « Il y a toujours la possibilité de conclure cet accord […] Je ne pense pas que la date électorale mettra tout ce processus en danger, car, de toute manière, la nouvelle administration n’arrivera pas avant la fin de l’année. »
États-Unis : les produits agricoles, « ligne rouge »
Cecilia Malmström a par ailleurs fait le point devant les Vingt-huit sur les progrès accomplis dans le cadre de la feuille de route établie en juillet par Washington et Bruxelles pour tenter de mettre fin aux tensions commerciales actuelles. « Nous essayons de trouver une solution en mettant désormais l’accent sur la coopération volontaire en ce qui concerne certaines normes et réglementations », a-t-elle précisé.
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Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État français auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a réaffirmé à cette occasion qu’il n’était pas question pour Paris d’inclure l’agriculture dans les discussions commerciales menées par l’UE avec les États-Unis. « La ligne rouge s’agissant de la France et de l’UE ? Ce sont les produits agricoles », a-t-il insisté (3).
(1) Voir n° 3570 du 21/11/16
(2) Voir n° 3660 du 24/09/18
(3) Voir n° 3661 du 01/10/18 et n° du 3659 17/09/18
(4) Voir n° 3661 du 01/10/18
Phil Hogan demande au Canada la « mise en œuvre complète » du CETA
Le ministre canadien de l’agriculture, Lawrence MacAulay, a « célébré » le premier anniversaire de l’entrée en vigueur provisoire de l’accord commercial entre son pays et l’UE (CETA) à l’occasion d’un entretien avec le commissaire européen Phil Hogan le 9 octobre à Bruxelles. Ce dernier a toutefois souligné « la nécessité d’une mise en œuvre complète du CETA, en particulier en ce qui concerne les contingents tarifaires d’importation et les indications géographiques » (4). « À cette fin, nous continuerons à travailler étroitement avec le Canada », a-t-il ajouté.