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Commerce : « Un revolver sur la tempe »

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Donald Trump veut, semble-t-il, amener au pas de charge les Européens à abaisser leurs barrières douanières qui, selon lui, entravent outrageusement les exportations de son pays, y compris agricoles. Et il a fixé une échéance : le 1er mai prochain. Si, à cette date, l’UE ne bouge pas, son acier et son aluminium pourraient être surtaxés à l’entrée sur le marché américain. Du coup, comme la plupart de ses homologues des Vingt-huit, le premier ministre belge Charles Michel a « l’impression qu’il y a une volonté des États-Unis de négocier avec l’Union en mettant un revolver sur notre tempe ». Les dirigeants européens se disent néanmoins « favorables à un dialogue sur les questions commerciales présentant un intérêt mutuel ». Mais de quelle façon et dans quel but exact mener ces discussions ? Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, aimerait bien savoir « quel est le résultat attendu d’ici le 1er mai et à quel point cette échéance est sérieuse ». En tout cas, « il faut se préparer à toutes les hypothèses » car « Donald Trump a montré qu’il était capable de tous les revirements », avertit un autre commissaire, Pierre Moscovici. Quant au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, il juge « non réaliste » le délai fixé pour discuter avec l’administration américaine, « vu l’ampleur des questions à régler ». Ses services envisagent quand même déjà de faire un geste pour éviter que Washington ne relance la vieille « guerre du bœuf aux hormones ». À savoir : réserver aux États-Unis une part du contingent communautaire d’importation en franchise de viande bovine (sans hormones bien évidemment) qui est ouvert pour l’instant à tous les pays fournisseurs, comme l’exige l’OMC. Pas sûr, toutefois, que l’opération soit bien accueillie par les autres partenaires commerciaux de l’UE.

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