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Circuits courts Commercialiser sa production pour valoriser son travail

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Une étude montre que les agriculteurs commercialisant leur production en circuit court sont satisfaits de cette activité, appréciant les relations avec les clients et leurs collègues malgré une charge de travail supplémentaire.

Les circuits courts rendent heureux et permettent aux producteurs de se réapproprier leur travail. C’est en tout cas ce que disent les agriculteurs interrogés dans le cadre du projet Référence circuits courts (RCC), réalisé par plusieurs organismes agricoles dont l’Institut de l’élevage, l’INRA et Trame. 489 agriculteurs travaillant sur des exploitations commercialisant tout ou partie de leur production en circuits courts ont été interrogés, et une étude transversale a permis de dégager des « impacts sociaux » de ces circuits courts. Selon celle-ci, 23% des agriculteurs sont très satisfaits de leur activité en circuit court, 59% satisfaits, et 18% plus mitigés dont 1% pas du tout satisfait.
 
Le temps de travail, principal bémol
La perception de l’activité en circuit court diffère selon les filières. Il n’y a par exemple qu’une faible part de producteurs de lait satisfaits, ce que les auteur expliquent par « la crise majeure que rencontre ce type d’élevage » et le travail supplémentaire engendré par l’activité de commercialisation, alors que le travail de production est déjà contraignant. En porc et bovin viande, les satisfaits sont plus nombreux. Le temps de travail important est le plus gros bémol déclaré par les sondés, avec une complexité des différentes missions (production, transformation, vente, logistique) à laquelle ils ne sont pas toujours préparés.
 
Un lien avec les consommateurs et d’autres producteurs
L’étude conclut que « la valorisation économique semble être une condition indispensable dans la satisfaction des agriculteurs par rapport à leurs ateliers en circuits courts, mais que d’autres valeurs sont nécessaires ». Par exemple, les agriculteurs sont globalement plus satisfaits s’ils travaillent à plusieurs, que ce soit sur l’exploitation ou avec d’autres producteurs, dans le cadre de points de vente collectifs. Ils sont également plus satisfaits s’ils sont impliqués dans moins de modes différents de circuits de commercialisations, et s’ils réalisent plus de 50% de leur chiffre d’affaire total en circuit court.
La relation avec les clients est un des autres éléments importants : « les retours positifs des clients sont unanimement appréciés et considérés comme valorisant », permettant une « valorisation sociale en plus d’économique », grâce en outre à la possibilité de fixer soi-même ses prix et de choisir ses modes de vente. A contrario, « dans les filières longues, les produits sont sans cesse dévalorisés, en particulier par des prix en baisse constante », témoignent les agriculteurs interrogés.

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