Frans Timmermans fera un deuxième mandat en tant que vice-président de la Commission européenne. Les parlementaires européens ont donné leur feu vert à sa nomination. Il aura en charge le « green deal » européen, avec sous ses ordres huit commissaires européens dont celui à l’Agriculture. Dans une lettre ouverte qu’elles lui adressent, les organisations et coopératives agricoles de l’UE demandent à Frans Timmermans de tenir compte des besoins du secteur agricole, notamment des soutiens à la transition durable, une politique favorable aux biocarburants et aux nouvelles technologies.
La commission de l’Environnement du Parlement européen a donné son feu vert, le 9 octobre au lendemain de son audition, à la nomination du Néerlandais Frans Timmermans comme futur vice-président de la Commission européen en charge du « Green deal européen » (“pacte vert”). Frans Timmermans pilotera une équipe de huit commissaires, dont celui à l’Agriculture (1). Lors de son audition, le social-démocrate néerlandais a principalement été interrogé sur les actions en faveur du climat que mettra en place au cours des cinq prochaines années la Commission de Bruxelles.
S’agissant de la stratégie « de la fourche à la fourchette » annoncée par la présidente de la prochaine Commission européenne Ursula von der Leyen, Frans Timmermans s’est contenté d’indiquer que les consommateurs « veulent savoir ce qui est sur leur table. Je veux leur dire que ce qui est dans leur assiette n’a pas provoqué le déboisement. 80 % de la déforestation sont imputables à la recherche de terres arables pour denrées alimentaires ou le fourrage. Il faut réglementer ».
Green deal européen et agriculture
Dans une longue lettre ouverte adressée à Frans Timmermans, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) brossent le portait de ce que doit être, selon elles, le Green Deal européen. « Les agriculteurs sont les premiers producteurs de denrées alimentaires et ils ont besoin d’outils sûrs et efficaces pour mener à bien leur activité, qui consiste à lutter contre les parasites et les maladies afin de garantir à la fois la sûreté sanitaire et la sécurité alimentaire à la population », écrit Pekka Pesonen, secrétaire général de l’organisation. Et souligne-t-il, « les agriculteurs doivent être encouragés à investir dans des technologies permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre ».
Le Copa-Cogeca demande dans ce cadre un programme énergétique pour les exploitations agricoles afin d’accroître l’efficacité des exploitations, réduire la consommation d’énergie et faciliter la substitution des énergies renouvelables aux combustibles fossiles au niveau des exploitations.
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Toujours en matière énergétique, l’élimination progressive des biocarburants issus de cultures alimentaires d’ici 2030 est « irréaliste », prévient le Copa-Cogeca qui ajoute qu’au contraire les biocarburants « constituent l’outil le plus efficace disponible sur le marché pour contribuer à la réduction des émissions dans le secteur des transports » et qu’il faudrait avant tout « mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles ».
Par ailleurs, « un chapitre sur l’application de mesures climatiques doit être inclus dans tous les accords de libre-échange » et « les taxes frontalières sur le carbone doivent être considérées avec précaution car elles peuvent également avoir un impact sur l’augmentation des coûts des intrants dans l’agriculture », indique Pekka Pesonen dans sa lettre.
Enfin, prévient-il, « nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps en nous abstenant d’utiliser des technologies de pointe telles que les nouvelles techniques de sélection végétale, l’intelligence artificielle et les technologies numériques ».
(1) Voir même numéro