La médiatrice de l’UE Emily O’Reilly a annoncé le 18 mai avoir lancé une enquête « de grande ampleur » sur la gestion par la Commission européenne du cas des « portes tournantes » – lorsque des fonctionnaires de l’UE acceptent un poste dans le secteur privé, ou lorsque des individus rejoignent les institutions de l’UE en provenance du secteur privé avec un risque de conflit d’intérêts. Elle va examiner une centaine de dossiers pour voir comment l’exécutif européen a répondu à des demandes d’approbation de cadres souhaitant quitter leur poste pour un emploi dans le privé. Le cas récent le plus emblématique est le feu vert accordé à l’entrée de l’ex-commissaire allemand Günther Oettinger (2010-2019) dans un cabinet de conseil en communication, dont l’un des principaux clients est un important groupe de tabac.
« L’une des difficultés est qu’en cas de départ d’une personne, cela devient très compliqué de contrôler son activité » et très aisé pour elle de « contourner les restrictions » en termes de lobbying et d’utilisation de ses réseaux, souligne Emily O’Reilly. La Commission a le pouvoir d’empêcher quelqu’un d’accepter un nouveau poste si elle estime qu’il y a un conflit d’intérêts potentiel. Mais selon la médiatrice de l’UE, en 2019, sur quelque 360 cadres qui ont quitté la Commission pour rejoindre le secteur privé seulement trois se sont vu interdire de rejoindre leur nouveau poste.
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Dans l’autre sens, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait adopté en 2017 des règles pour limiter les cas de « portes tournantes » en empêchant des experts de rejoindre les groupes scientifiques de l’Efsa si, au cours des deux années précédentes, « ils ont été employés par, ont été consultants pour, ou ont offert des conseils scientifiques à des organisations qui travaillent dans des domaines couverts par le mandat de l’Efsa ». Ces règles sur les « délais de carence » s’appliquent également aux experts qui ont bénéficié de fonds de recherche provenant de telles organisations au cours de la même période.