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Communication et communicants, atouts des entreprises agricoles

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La « dimension stratégique de la communication » est de plus en plus reconnue dans les entreprises et organisations professionnelles du monde agricole et agroalimentaire, selon les résultats de l’enquête du Syrpa présentés le 7 avril. Les communicants se professionnalisent, les entreprises consacrent du budget à leur communication qu’elles veulent porteuse de valeurs.

« La professionnalisation et la dimension stratégique de la communication montent en puissance », indiquait le Syrpa, « réseau des agri-communicants », qui présentait le 7 avril les résultats de la cinquième édition de l’enquête menée, du 17 février au 7 mars, sur un échantillon de 253 communicants, par son Observatoire des métiers de la communication en agriculture.

Le profil idéal, un « hybride » agronome-communicant

Si les entreprises et organisations agricoles privilégient les recrues aux profils « hybrides » (formées à l’agriculture et à la communication), la part des communicants issus de formations initiales relatives à la communication augmente de 6 % par rapport à la précédente étude de 2013. Elle s’élève désormais à 27 %. Les communicants ayant une formation initiale agricole restent cependant les plus représentés dans les entreprises agricoles et agroalimentaires (46 %). Le niveau de diplôme des communicants progresse également : 80 % d’entre eux ont au moins un Master 1 (bac + 4). Les entreprises peaufinent par ailleurs la formation de leurs communicants : 56 % des interrogés ont affirmé avoir suivi une formation continue. À La Salle Beauvais, on a pris conscience de l’importance de la communication pour les futurs ingénieurs agronomes. Des modules « communication » font partie du tronc commun d’étude dès la première année, a indiqué son directeur général Philippe Choquet.

Des budgets "com" conséquents

Dans un contexte où la communication devient de plus en plus stratégique – 71 % des interrogés se disent convaincus que la communication valorise « tout-à-fait » leur entreprise, contre 37 % seulement en 2013 –, les entreprises agricoles et agroalimentaires ne lésinent plus sur les moyens. Les budgets consacrés à la communication, de l’ordre de 350 000 €, sont restés stables entre 2014 et 2015, alors qu’ils avaient enregistré une baisse d’environ 7 % entre 2011 et 2012. Les salaires des communicants augmentent également et s’élèvent désormais à 52,8k€ en moyenne. Les écarts restent cependant « très prononcés » (19k€) entre les hommes et les femmes, indique le Syrpa, qui relativise les chiffres : les femmes occupent des postes dans des structures plus petites et à des niveaux hiérarchiques moindres. Une satisfaction cependant, la parité hommes/femmes en nombre de communicants est désormais parfaite.

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La communication pour faire adhérer à des valeurs

Sur le fond, la communication évolue également. Si la communication « produit » ou « service » occupe toujours la plus grande partie du temps des communicants (37 %), la communication institutionnelle prend de plus en plus de place (26 %). De nouveaux sujets apparaissent : les affaires publiques, le développement durable ou la qualité par exemple. Un constat qui témoigne des évolutions des attentes de la société.

La communication interne reste cependant encore « le parent pauvre » ; elle ne représente que 14 % du temps de travail des communicants. Philippe Choquet a alerté les chefs d’entreprise à ce sujet : « Les futures jeunes recrues veulent donner du sens à leur métier ». La communication interne ne doit, de fait, pas être mise de côté. Un constat partagé par Gérard Benedetti, directeur de la communication de Tereos, qui estime nécessaire d’expliquer « où on va, comment et pourquoi » de manière à ce que les salariés comprennent la stratégie de communication définie et adhèrent aux valeurs de l’entreprise. Une dimension à ne pas négliger avec l’essor des réseaux sociaux qui peut faire de chaque salarié un communicant potentiel.

Des modules « communication » font partie du tronc commun d’étude dès la première année, à l’école d’ingénieurs agronomes La Salle Beauvais.