La production porcine qui est en baisse, la volaille qui sort à peine de plusieurs années de retrait, les éleveurs de bovins qui n'en peuvent plus du tout, entre des charges qui augmentent et une consommation de viande qui baisse : les productions issues de l'élevage sont, en France, dans un état d'abandon absolu. Et ce ne sont pas quelques aides d'urgence qui changeront profondément la donne.
Il est urgent de mettre en place les conditions d'exploitation qui permettent à ces élevages de retrouver de la compétitivité. Il n'est pas sûr que le gouvernement, et le ministère de l'Agriculture en particulier en ait pleinement conscience. Certes, l'orientation vers l'agroécologie est une bonne orientation. Mais que pèsera-t-elle, en élevage, lorsqu'il n'y aura plus de ferme pour s'y adonner ?
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Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a promis des mesures pour faire face à la situation. C'est très bien. Elles sont terriblement attendues. Mais qu'on ne nous resserve pas des dispositifs plus sociaux qu'économiques, d'allègement de charges qui n'ont de valeur que pour une année. Et qui sauvent temporairement un éleveur avant qu'il ne vende son exploitation à un voisin qui retournera les prairies pour y cultiver du maïs. Cela serait totalement inutile. Il faut aider et inciter les éleveurs à investir, à réduire par eux-mêmes leurs charges de production (machines, aliments du bétail), à profiter des technologies nouvelles, à moderniser encore et encore leurs bâtiments, à se regrouper pour réaliser des économies d'échelle. Il faut encourager toutes les formules qui se révèlent compétitives, quand bien même elles représentent des étables de 500 vaches ou plus. Ceux qui insistent tant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l'élevage français pourraient bien trouver satisfaction bientôt… le jour où il n'y aura plus d'élevage.