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Compétitivité, résilience, durabilité : les indispensables de la FNSEA

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À l’approche de l’élection présidentielle, la FNSEA, par la bouche de son président Xavier Beulin, a fait des trois mots-clefs « compétitivité, résilience, durabilité », les trois mots qui résument ses demandes auprès du futur président de la République. Le syndicat a publié le 13 décembre une plateforme qui intègre treize mesures à prendre en 200 jours après l’arrivée du nouveau locataire de l’Élysée.

En présentant treize mesures à appliquer dans les 200 jours d’une nouvelle présidence de la République, le président de la FNSEA Xavier Beulin a évoqué un « sentiment d’urgence qui réclame du pragmatisme, du concret et de la proximité avec les territoires » de la part du prochain chef de l’État. Pour lui, « compétitivité, résilience, durabilité », sont les trois mots qui résument ses demandes auprès du futur président de la République.

« Nous inviter dans le débat de la présidentielle »

« Nous allons nous inviter dans le débat de la présidentielle », a insisté Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la fédération, expliquant que les militants iront à la rencontre des candidats « quand ils laboureront le territoire ». Les candidats seront invités à se prononcer sur ces mesures, permettant à la FNSEA de se positionner. Ces treize mesures (lire Agra Presse du 21 novembre) vont du soutien à un grand plan d’investissement national de 6 milliards d’euros à la garantie de retraites décentes aux agriculteurs (calculées sur les 25 meilleures années) en passant par la construction d’un statut de l’agriculteur professionnel et la mise en place d’une TVA sociale pour alléger les charges des exploitants. Elles concernent également la mise en œuvre d’une politique de la ressource en eau (irrigation, capacité de stockage), un principe d’innovation appliqué à l’environnement et non un principe de précaution, un meilleur accès à internet en zone rurale, une augmentation du Crédit impôts compétitivité emploi (CICE), l’amélioration de la déduction pour aléas (DPA), une réforme du cadre réglementaire des relations commerciales et un arrêt de la sur-transposition des directives européennes. Sans oublier le déclassement du loup dans la Convention de Berne qui lui donne un statut protégé.

« Les charges dues aux “normes excessives” »

Concernant la compétitivité de l’agriculture, le président de la FNSEA a surtout insisté sur la réduction des charges des exploitants parmi lesquelles il intègre les charges sociales, fiscales, mais aussi celles qui résultent des normes excessives. Il a d’ailleurs tiré un coup de chapeau à l’ancien Premier ministre Manuel Valls qui avait initié un comité de révision des normes en agriculture (Corena). La compétitivité dépend aussi de la valorisation des produits agricoles, laquelle devrait être un peu revalorisée avec la mise en place début 2017 de l’étiquetage d’origine pour une expérience de deux ans qui devrait « rajouter un peu de supplément de prix sur les produits made in France. »

Quant à la Politique agricole commune, sur ces sujets, « celle-ci est devenue insipide. On ne protège plus le producteur depuis le démantèlement des outils de gestion des risques. » "En plus, elle est devenue illisible pour le consommateur », ajoute Xavier Beulin. Pourtant, « il faut oser une politique de l’offre », lance-t-il.

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Pour un statut de l’agriculteur

Secrétaire général adjoint, et agriculteur dans le Doubs, Daniel Prieur a insisté sur la nécessité d’aboutir enfin en 2017 sur un statut d’agriculteur professionnel. Constatant qu’il y a davantage d’entrants dans la profession que de sortants, bon nombre d’agriculteurs préférant garder leur terre à l’âge de la retraite et en confier l’exploitation à des entreprises tierces, la FNSEA pense résoudre ce problème en concevant un statut de l’exploitant pour clarifier les conditions d’exercice de la profession. Mais pour une meilleure mobilité, Daniel Prieur reconnaît qu’il « faudra peut-être qu’on accepte une certaine modification du statut du fermage. Mais certainement pas de le jeter aux orties. »

Autre facteur de compétitivité, la question des produits phytosanitaires et de leur réduction. La FNSEA réclamant que les objectifs en termes de moyen cèdent le pas à des objectifs en termes de résultat. Mais Xavier Beulin estime qu’il y a une contradiction dans la politique affichée par Stéphane Le Foll : « Si nous ne pouvons plus utiliser de glyphosate, comment allons-nous pouvoir pratiquer le sans labour qui est réputé favorable à l’objectif des 4 pour mille cher au ministre ? »

Aide aux départs

Enfin, la vice-présidente de la FNSEA Christiane Lambert a estimé que le moment est sans doute venu pour amplifier le dispositif d’aide au départ pour les agriculteurs les plus en difficulté. L’État a prévu 15 millions d’euros d’incitations pour cet objectif soit un nombre de 5 000 agriculteurs. Or, selon Christiane Lambert, ce sont plutôt 8 000 agriculteurs qu’il faudrait aider « à décrocher ».

Autant d’éléments qui, parmi d’autres, devraient répondre au triptyque « compétitivité, résilience, durabilité ». Et qui vont être présentés aux candidats présidentiables. En entretiens directs comme aussi au prochain Salon de l’agriculture.