Elle a sans doute été conçue avec les meilleures intentions du monde, cette écotaxe qui doit normalement entrer en vigueur en 2014. Mais on peut constater que, ni du côté de ses promoteurs, ni du côté de ses détracteurs, ni enfin du côté des pouvoirs publics on a précisément étudié ses retombées économiques. Elle est censée favoriser les arbitrages logistiques favorables à l’environnement. Or, quels seront les moyens pour la PME rurale qui lui permettraient de modifier le mode de transport de ses produits ? Il n’y en a pas beaucoup. L’écotaxe sera en somme une taxe de plus qui ne modifiera pas beaucoup le comportement de ceux qui y seront assujettis. De plus, en agriculture, les plus pénalisés seront sans doute ceux qui pratiquent déjà les circuits courts, tels les maraîchers ou ceux qui transforment et livrent eux-mêmes leurs produits. Tout simplement parce qu’ils utilisent davantage les routes qui seront taxées et moins les autoroutes qui ne le seront pas.
Alors, cette écotaxe s’apparente à une simple recette nouvelle de l’Etat, en l’occurrence pour financer la modernisation des réseaux routiers secondaires. Il en a bien besoin effectivement. Mais n’est-ce pas là une tâche qui incombe naturellement à l’Etat ou aux collectivités locales comme les régions ou départements ?
N’a-t-on pas atteint les limites de ces taxes censées modifier le comportement des agents économiques ? En finances comme en économie, croire que c’est parce qu’on taxe un produit que son usage va être réduit est une vue de l’esprit. Il faudrait une taxe colossale pour que ce soit le cas. On ne voit pas bien pourquoi les entreprises réduiraient ou modifieraient leur comportement de transport simplement parce qu’il est plus cher. Ces entreprises se déterminent par rapport à un marché. Si celui-ci justifie le recours au transport dans les conditions actuelles, ce n’est pas une taxe qui va changer leur comportement.
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