À l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 20 décembre, l’Insee a publié ses chiffres prévisionnels provisoires pour l’année 2023, marquée par une décrue des marchés céréaliers et l’érosion continue du cheptel. L’Insee s’attend à une baisse de 4,5 % en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), après une hausse de 12,3 % en 2022. Rapportée à l’actif, la baisse est de 4,1 %.
Le repli de la valeur ajoutée par actif, atténué par la contraction de l’emploi (-0,5 %), s’explique par une diminution des prix (-3,7 %), notamment en céréales (-28,4 %), oléo-protéagineux (-24,8 %), fourrages (-7,2 %). L’Insee souligne « la chute des prix des céréales et des oléagineux, dans un contexte mondial marqué par le repli des cours des produits agricoles et des matières premières ». Explication : « Les disponibilités mondiales importantes pèsent sur les cours, et ce en dépit de la poursuite du conflit en Ukraine ». À l’inverse, les prix des produits animaux sont en augmentation, à la fois en bétail (+9,7 %), volailles (+5,8 %), lait (+7,1 %). Les volumes sont globalement en hausse (+2,9 %), tirés par un rebond en céréales (+5,8 %), fourrages (+19,7 %), légumes (+6,2 %) et malgré des revers en bétail (-5,1 %) et lait (-1,2 %).
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Les consommations intermédiaires continuent de grimper en valeur de 2,5 %. Pourtant un reflux intervient sur les prix des engrais et amendements (-1,1 %), de l’énergie (-1,9 %), après la flambée de l’an dernier (respectivement +56,4 % et +35 %) liée à la guerre en Ukraine. Mais dans le même temps, les prix des phytos augmentent (+8,7 %).
Au final, la valeur production de la branche agricole hors subventions recule légèrement (-0,8 %), « après deux années de forte croissance », commente l’Insee.