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Economie Conférence : financer la conservation de la nature, un casse-tête

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Préserver et valoriser les ressources naturelles, un enjeu de taille pour les États qui se réuniront en décembre à Paris pour la conférence internationale sur les changements climatiques. L'Agence française de développement (AFD) s'est intéressée le 19 mai dernier au financement d'un tel objectif, lors d'une conférence animée par cinq intervenants spécialistes de l'économie appliquée aux questions environnementales.

Une centaine d'auditeurs (associations, sociologues, institutions publiques) était venue chercher des pistes de réponse à la question « qui doit financer la conservation de la nature ? » lors de la conférence de l'AFD qui s'est tenue le 19 mai.

« La puissance publique a un rôle incontournable », a indiqué l'économiste Aurélien Guingand. Les pouvoirs publics doivent intervenir par le biais de financements mais également par la mise en œuvre de politiques protectrices de la nature, a-t-il précisé. À l'échelle mondiale, les financements actuels sont principalement publics, mais ils sont « insuffisants et mal répartis », indique un rapport d'expertise coréalisé en 2014 par Aurélien Guingand et Alain Karsenti.

Innover pour financer la biodiversité

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Des instruments financiers existent, mais qu'ils soient publics ou privés, tous ont leurs limites et effets pervers. « Il faut les combiner et en inventer de nouveaux », conseille Alain Karsenti, économiste au Cirad. Car si de nombreuses solutions ont été testées, toutes n'ont pas été concluantes. Selon l'analyse de l'économiste, la marchandisation de la nature qui s'est développée pendant une quinzaine d'années (faire payer l'entrée dans les parcs nationaux, breveter la nature…) ne fonctionne pas : « Les ressources naturelles sont des biens publics qui doivent être financés par des fonds publics ».

Les initiatives privées pourraient être un bon levier, cependant il faudrait qu'elles soient soutenues par des subventions publiques, ont indiqué les intervenants. « Il est important d'innover dans des modèles rentables pour l'entreprise » a souligné Laurent Gilbert, directeur du développement de la recherche avancée chez L'Oréal.

Il est ressorti des débats qu'une solution idéale ne se détache pas et que la problématique est loin d'être résolue. Seul un constat a fait l'unanimité : la croissance démographique pose de sérieux problèmes à la biodiversité. « Il faudra une rupture radicale dans les modes de consommation et les habitudes nutritionnelles », ont alerté les intervenants. Pourtant, si les consommateurs sont demandeurs de produits plus respectueux de la nature, ils ne semblent pas encore prêts à en payer le prix, a déploré Laurent Gilbert.