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Conflit avec Lactalis, chronologie des événements

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7 juillet : La FRSEA de Bretagne et des Pays de la Loire ainsi que la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles de l’Ouest (FRSEAO) envoient un courrier à Emmanuel Besnier, p.-d.g. de Lactalis, pour l’alerter sur la situation critique des éleveurs.

Fin juillet : Opérations d’étiquetage sur les produits laitiers de l’entreprise Lactalis dans la distribution au Mans, à Lannion et Trégastel. « Ce produit laitier ruine les éleveurs » et « ce produit laitier crée du chômage », peut-on lire sur les autocollants.

29 juillet : Lactalis dénonce des « actions syndicales irresponsables » par communiqué de presse
1er août : La Fédération nationale des industries laitières (Fnil) dénonce des « actions syndicales d’un autre temps » ; la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) répond par la même voie que : « Le syndicalisme est dans son rôle quand il fait savoir ce que Lactalis veut cacher » ; la FDSEA de Vendée et de Loire-Atlantique sont à l’origine d’une action marquant les réseaux sociaux : le long des plages, de la Baule à la Faute-sur-Mer, circulent deux avions affichant chacun une banderole sur laquelle est écrit respectivement « Lactalis ruine les éleveurs » et « Sauvons l’élevage avec système U ».

4 août : Lactalis prévoit un prix de base, au mois d’août, de 252,94 €/1 000 l pour les producteurs de Basse-Normandie, alerte l’Organisation des producteurs Normandie Centre (OPNC) dans un communiqué, alors que « les autres laiteries normandes affichent un prix de base compris entre 270 et 310 €/1 000 l »; Xavier Beulin demande un rendez-vous à Emmanuel Besnier, p.-d.g. de Lactalis, accompagné de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, « dans les meilleurs délais, pour éviter la stérile surenchère médiatique, qui ne peut conduire qu’à plus de désespoir et de colère, et en vue de tenter de construire ensemble »

5 août : A l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs de la Manche, une centaine de producteurs laitiers manifestent devant l’usine Lactalis de Sainte Cécile, dans la Manche, déversant trois remorques de détritus devant les grilles de l’usine, avant d’y mettre le feu.
8 août : Interrogé par Agra presse sur d’éventuelles suites aux manifestations, Étienne Fourmont, responsable lait chez Jeunes agriculteurs dans la Sarthe, annonce qu’« il va y avoir du lourd fin août ».
10 août : Réflexion quant à la mise en place d’une manifestation des producteurs FNSEA et JA à Sulniac (56)
12 août : Annonce de la FDSEA Mayenne d’une manifestation à partir du 22 août pour une durée indéterminée
18 août : Lactalis évoque un syndicalisme agricole « qui refuse la réalité du marché » et qui « s’en prend à une entreprise en particulier » dans un communiqué.
22 août : Début du blocage par les éleveurs (FNSEA et JA) du site Lactalis à Laval ; Michel Nalet, porte-parole du groupe Lactalis, déclare au micro de France Inter : « Nous sommes là pour appeler au calme. Nous aurons, comme cela est prévu, des réunions avec nos organisations de producteurs »

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23 août : Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs écrit à son tour à Emmanuel Besnier.
24 août : L’Assemblée permanente des chambres d’agricultures (APCA) se positionne sur le conflit via un communiqué de presse : « L’ambiguïté de Lactalis face aux producteurs de lait suscite incompréhension et colère » ; nouvelle opération d’étiquetage des produits Lactalis dans un supermarché de Laval ; près de 600 producteurs sont réunis sur « le rond-point de la honte du lait » à Laval.

25 août : La Fédération nationale bovine affiche son soutien aux éleveurs laitiers dans un communiqué.
Nuit du 25 au 26 août : premier round de négociation à la Maison du lait. Échec de l’accord « après 11 heures de négociations », selon la FNPL.
26 août : Lactalis assigne en justice les FRSEA de Normandie, Bretagne et Pays de la Loire, dont des membres bloquent les accès au site de Laval pour entrave à la liberté de circulation ; Lactalis annonce dans un communiqué « une augmentation de 15 €/1 000 l dès le mois de septembre » (271€/1 000 l) alors que l’accord n’a pas été conclu ; Stéphane Le Foll « appelle à la reprise des négociations et demande à chacun de faire preuve d’un esprit de responsabilité » ; Thierry Roquefeuil déclare : « Les négociations doivent reprendre au plus vite. Un accord doit être trouvé. » ; reprise des négociations à Laval de 18h à 23h00. Échec de la négociation.

27 août : La FDSEA de Mayenne appelle au retrait des manifestants devant le site de Lactalis à Laval ; Stéphane Le Foll déclare : « Lactalis est le numéro un mondial des produits laitiers, c’est une laiterie qui, en France, paye le litre de lait le plus bas de toutes les laiteries françaises, ça, je l’ai dit et je le répète, je considère que ce n’est pas acceptable et qu’il doit y avoir de la part de Lactalis l’effort qui consiste à se mettre au niveau de tous les autres, il n’y a pas de raison que Lactalis soit en-deçà ».

28 août : La FNSEA, les JA et La FNPL annoncent par communiqué « un mot d’ordre national » et Xavier Beulin, président de la FNSEA, de préciser à l’AFP qu’« après la déception de vendredi, une grosse mobilisation est en préparation ».
29 août : Stéphane Le Foll déclare sur France Info : « Je n’ai pas directement de moyens de pression sur Lactalis ». Au sujet du p.-d.g. de Lactalis, Emmanuel Besnier, Stéphane Le Foll explique : « Monsieur Besnier est un p.d-g d’une entreprise, dont je le répète, je n’ai pas le numéro de téléphone direct. Monsieur Besnier jamais, ni ne m’a demandé de rendez-vous, ni ne m’a demandé un contact, ni a souhaité me rencontrer. » ; la FNSEA annonce des actions devant 15 sites de Lactalis à partir de 20 heures.

30 août : Signature de l’accord.