Toute l’activité d’Agromousquetaires (commerce, achats, logistique, production et sécurité) est concernée par le plan Agro Performance Plus 2020 (A2P2020) qui vise à baisser les coûts de production, développer l’innovation et améliorer la qualité des produits. Les 64 usines vont mutualiser leurs achats.
Après avoir laissé grandir ses 64 usines de façon autonome, Agromousquetaires (4 milliards de chiffre d’affaires en 2015) a décidé de mieux coordonner leur fonctionnement. « Le contexte économique difficile marqué par la guerre des prix et la baisse des ventes des marques de distributeurs nous amène à lancer un nouveau plan de performance » a expliqué Christophe Bonno, le directeur général d’Agromousquetaires le 22 septembre à l’occasion d’une présentation de son plan stratégique. Ce troisième plan, après Eve 2005-2010 et Cap Perf 4 M€ 2010-2015, est axé sur la recherche de gains : « Il s’agit de réaliser des gains de l’ordre de 100 millions d’euros d’ici 2020 sur le commerce, les achats, la logistique, la production et la sécurité », poursuit le dirigeant. Agromousquetaires doit autofinancer ses investissements et donc anticiper ses besoins d’ici à 2020. Pour mettre en musique A2P2020, une direction des opérations industrielles a été créée, elle devra piloter « une grande partie des gains de performance », selon Christophe Bonno.
C’est en termes d’achats que Christophe Bonno attend le plus de gains avec 37 millions d’euros visés sur ce poste. Une direction des achats est créée dans laquelle tous les acheteurs seront rassemblés, chacun étant spécialisé sur un type d’achat. Cela permettra de standardiser et de massifier les achats qui représentent aujourd’hui 2,4 milliards d’euros chez Agromousquetaires chaque année, alors que ceux-ci étaient réalisés auparavant par chaque usine de façon indépendante. Pour aider les acheteurs, mais aussi pour doter les usines des mêmes outils et pouvoir partager les informations, un ERP commun est déployé par SAP.
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Le commerce, deuxième poste avec 28 millions d’euros de gains visés, devra développer les parts de marchés d’Agromousquetaires, notamment en dehors de l’enseigne Intermarché (44 % des MDD viennent d’Agromousquetaires). « Nous visons le Royaume-Uni, où nous avons signé quelques contrats, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, la RHF et le grand export », précise Christophe Bonno. « Dans les DOM TOM, nous avons signé plusieurs contrats d’approvisionnement avec des distributeurs indépendants, qui peuvent ajouter sur leur enseigne la signature Partenaire Intermarché, sans devenir pour autant adhérent du groupement », explique l’industriel. Après les DOM TOM, les pays francophones d’Afrique sont visés, avec un objectif de quinze magasins dans les deux à trois prochaines années. L’industriel espère réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 350 millions d’euros d’ici 2020.
Concernant les projets d’investissement, Agromousquetaires va poursuivre son action : 50 millions d’euros dans la modernisation des abattoirs de porcs sur les trois à quatre prochaines années, 70 millions d’euros dans la panification et 50 millions d’euros dans la flotte de pêche. La recherche de gains de productivité, la réduction de la pénibilité et de l’impact environnemental sont des axes d’investissement. L’objectif est de renforcer les filières fortes que sont la viande (bœuf et porc), la boulangerie, le lait et la pêche, mais en restant à effectif constant comme cela a été fait récemment à la laiterie Saint Père. « Les restructurations ne sont pas à l’ordre du jour », a tenu à préciser Christophe Bonno. Concernant un investissement dans la volaille, Christophe Bonno a indiqué réfléchir à ce sujet tout en soulignant la complexité à se développer dans cette filière en raison des coûts de production des concurrents étrangers et de la segmentation très marquée du marché national. Il a démenti toute acquisition dans ce secteur soulignant qu'Agromousquetaires n'était pas intéressé par la reprise de Tilly Sabco, en redressement judiciaire depuis le 29 juillet.