Le rôle des statistiques est en général de donner quelques repères peu contestables auxquels peuvent se référer les acteurs économiques, syndicaux, gouvernementaux. Ceci était le cas jusqu'à ces dernières années en ce qui concerne le revenu des agriculteurs. On pouvait estimer approximatif l'indicateur de revenu, contester la manière dont il était calculé, pour les viticulteurs notamment, on pouvait choisir à son gré le revenu de la ferme France ou celui des seuls exploitants, accepter ou non qu'on écarte de l'agrégat les petites exploitations, etc. Mais enfin, tous se référaient à peu près à la même méthode de calcul. Il y a quelques années, le mode de comptabilisation des céréales a commencé à être contesté, ce qui était préoccupant alors même que les statistiques étaient le support de décisions publiques.

Cette année, c'est le comble. Trois modes de calcul (Résultat courant avant impôt, revenu net de la branche agricole, revenu des facteurs…) ont donné lieu à des valeurs moyennes aussi différentes que - 5%, +1% et +6%.

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Les statisticiens sont sans doute très satisfaits de pouvoir interpréter avec une finesse jamais atteinte l'évolution des recettes agricoles, selon les critères et paramètres retenus. Mais on ne peut pas dire qu'ils éclairent le débat, bien au contraire. A quoi se fier ? A quel indicateur ?

De tout cela résulte une certitude : ces statistiques n'ont plus grand intérêt puisqu'on ne peut plus s'en servir comme repères. De là à penser que ce n'est plus vraiment la peine de les calculer…