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Réforme Congrès des maires : un dialogue difficile entre Jean-Marc Ayrault et les élus

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Les maires de France réunis en congrès ont exprimé le 19 novembre sans détour, mais en y mettant les formes, leurs récriminations à l’égard du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui s’est efforcé de nouer le dialogue avec eux, offrant quelques timides concessions.

Plusieurs milliers de maires réunis, le 20 novembre, Porte de Versailles, à Paris, pour leur congrès annuel ont réservé un accueil plutôt froid au Premier ministre. Mais le président de l’Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard, ayant appelé la salle à « une écoute mutuelle, respectueuse de l’autre », Jean-Marc Ayrault a échappé à une bronca, n’essuyant que quelques quolibets lorsqu’il a défendu la réforme des rythmes scolaires, contestée dans le monde éducatif et par une partie des élus locaux, quelques centaines d’entre eux se disant décidés à ne pas appliquer les nouveaux rythmes. A la mi-journée, devant 700 maires, le président de l’UMP Jean-François Copé avait fait monter la pression en appelant François Hollande à « sortir de sa réserve » et à donner au minimum « le libre choix » d’appliquer ou non cette réforme. Sur ce point, Jean-Marc Ayrault s’est montré déterminé à ne pas lâcher, s’émouvant du « gâchis national » que représente un taux d’échec de « 20% des élèves ». Il s’est simplement voulu ouvert au dialogue, prenant « l’engagement de rechercher avec vous (les maires) une solution » au-delà de la rentrée 2014 sur la prise en charge du coût de la réforme. Au passage, Jean-Marc Ayrault a rappelé qu’il avait déjà dégagé « 370 millions d’euros supplémentaire » pour les communes.
 
Des maires « un peu désespérés »
Jacques Pélissard s’est d’autre part élevé contre la « méfiance systématique » du gouvernement envers les élus, énumérant une longue liste de critiques. Il a reproché au gouvernement de vouloir « imposer un modèle rigide et uniforme » pour les rythmes scolaires comme pour la réforme de la décentralisation – le numéro deux de l’AMF André Laignel (PS) a même parlé d’un « corset » à propos de la décentralisation.
Jean-Marc Ayrault s’en est vigoureusement défendu, sortant de son texte pour tenter d’en convaincre son auditoire. Le président de l’AMF a également fustigé « l’overdose administrative » provoquée par la multiplication des nouvelles normes imposées aux communes. En réponse, Jean-Marc Ayrault a annoncé la nomination d’un « médiateur », l’ex-ministre de droite Alain Lambert.
Jacques Pélissard a aussi prévenu que retirer l’urbanisme aux communes pour le confier aux intercommunalités « serait un recul inacceptable ». Il a affirmé ne pouvoir accepter la baisse des dotations de l’Etat pour le bloc communal, équivalant selon lui à « 3,5% en 2014 et 7% en 2015 alors que nos charges augmentent ».
Selon Jean-Pierre Balligand, maire (PS) de Vervins (Aisne) jusqu’à il y a cinq mois, « les maires ne sont pas en colère, mais un peu désespérés », s’alarmant notamment « de la montée de l’intercommunalité, qui mange petit à petit leurs prérogatives » et est synonyme de « perte d’identité ».
Jean-Marc Ayrault a enfin annoncé un geste pour les petites communes, afin de « faciliter leur accès aux fonds d’épargne », par l’intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations.

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