Les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept ont rendez-vous le 30 janvier à Bruxelles pour leur première réunion sous présidence suédoise. Au menu : le programme de travail du Conseil pour le premier semestre en matière agricole, un nouveau point sur la situation des marchés agricoles (et notamment la Pologne qui tirera une nouvelle fois la sonnette d’alarme concernant les importations ukrainiennes qui déstabilisent ses filières locales), la bioéconomie, les conséquences pour l’élevage de la révision de la directive sur les émissions industrielles, l’amélioration des conditions de transport des animaux et l’étiquetage du miel.
- Marchés agricoles : des demandes de soutiens tous azimuts
La surveillance de la situation des marchés agricole sera l’une des principales tâches de la Suède en matière agricole tout au long de sa présidence du Conseil de l’UE au premier semestre. Pour cette première réunion des ministres de l’Agriculture des Vingt-sept le 30 janvier, le sujet figure déjà tout en haut de l’agenda. La discussion portera sur les actions supplémentaires que la Commission et les États membres pourraient entreprendre afin de contribuer à améliorer la situation en Ukraine à court et à long terme. Mais ils se pencheront aussi sur la situation du marché de l’UE et débattront une nouvelle fois de l’opportunité d’avoir recours aux 450 millions d’euros de la réserve agricole afin de soulager les secteurs les plus affectés. Parmi eux, les producteurs polonais de grandes cultures. La délégation polonaise présentera, une fois encore, une analyse de l’impact de l’augmentation des importations agricoles en provenance d’Ukraine sur ses marchés locaux, et demandera à Bruxelles de prendre des mesures pour soutenir ses producteurs. La Grèce (avec le soutien d’une douzaine de délégations) plaidera, elle aussi, pour un « soutien d’urgence aux agriculteurs et une approche stratégique du secteur agroalimentaire à court et à long terme, afin de garantir la résilience et la compétitivité mondiale de l’UE compte tenu de l’impact de la crise énergétique et de l’inflation sur le secteur ». La Hongrie demandera pour sa part une dérogation temporaire au seuil maximal alloué aux mesures couplées d’aide au revenu pour 2023. Cela donnerait aux États membres, estime Budapest, un outil supplémentaire pour aider les agriculteurs en utilisant les ressources financières existantes sans discriminer les États membres dont la marge de manœuvre est limitée par leur budget national.
La France, enfin, alertera sur la situation des produits biologiques : baisse des ventes de 6 % en valeur et du chiffre d’affaires des magasins spécialisés bio de 15 % au premier semestre 2022 par rapport à 2021. En raison de l’impact combiné de la pandémie de Covid-19 et de l’inflation liée à la guerre en Ukraine, explique Paris dans une note préparée pour l’occasion, « la prise de risque liée au passage à la production biologique pour les opérateurs économiques est désormais plus importante que par le passé, ce qui entraîne un ralentissement des conversions, mais aussi pour certains secteurs, en particulier l’élevage, un mouvement de dé-conversion qui pourrait se poursuivre ». Dans ce contexte tendu, la France estime qu’il est nécessaire d’augmenter les aides au développement du secteur bio.
- Bioéconomie : les besoins des zones rurales
Autre dossier dont la Suède entend faire une priorité au menu des ministres : la bioéconomie. Les Vingt-sept devront indiquer quelles actions supplémentaires l’UE pourrait entreprendre pour libérer davantage le potentiel de ce secteur à l’avenir. Ils sont également invités à faire un bilan des besoins du secteur primaire et des zones rurales dans cette bioéconomie.
- Transport animal
Huit États membres (dont la France et l’Espagne) présenteront un document prévenant que la révision à venir de la réglementation sur le bien-être des animaux pendant leur transport que la Commission européenne doit présenter fin 2023, devra garantir la compétitivité économique des entreprises agricoles de l’UE sauf en exclure aucune.
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- Émissions industrielles : mise en garde
La présidence suédoise envisage de faire adopter par les ministres de l’Environnement de l’UE une position commune sur la révision de la directive sur les émissions industrielles lors de leur réunion du 16 mars. Un texte qui touche largement le secteur agricole, la Commission européenne prévoyant d’en étendre le champ d’application à l’ensemble des exploitations d’élevage de 150 unités de gros bétails (UGB) ou plus. Les ministres sont invités à pointer les éléments qui leur semblent les plus importants sur le plan politique dans ce dossier sur lequel ils n’ont pas totalement la main.
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- Miel : plaidoyer pour un étiquetage de l’origine
La délégation slovène (soutenu par 19 délégations) reviendra une nouvelle fois à la charge pour demander une révision de la directive relative au miel afin de fournir un étiquetage plus clair de l’origine des mélanges de miel. La Slovénie plaide pour une obligation d’indiquer chaque pays d’origine et sa part respective de miel dans les mélanges commercialisés.
- Déclaration sur l’agriculture durable
L’Allemagne, enfin, présentera la déclaration commune adoptée par les ministres de l’Agriculture de 64 pays qui se sont engagés, lors de la 15e conférence ministérielle sur l’Agriculture à Berlin le 21 janvier dans le cadre du Forum mondial pour l’alimentation et l’agriculture, à défendre une agriculture durable.
Des engagements franco-allemands
À l’issue du Conseil des ministres franco-allemand du 22 janvier, les deux ministres de l’Agriculture, Marc Fesneau et Cem Özdemir, ont indiqué leur engagement à travailler de concert sur la réduction de l’usage et du risque des pesticides en encourageant les échanges sur les méthodes alternatives avec un séminaire de travail sur le sujet prévu. Parmi les autres sujets prioritaires à mettre en œuvre au cours des prochaines années pour les deux ministres : la promotion de l’étiquetage des produits agricoles et alimentaires harmonisé au niveau européen, le renforcement de la transparence sur l’origine, la composition et la qualité nutritionnelle des aliments ainsi que les méthodes de production et le renforcement de la production de protéines végétales dans l’UE.