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Conseil informel : les ministres de l’Agriculture débattent des jeunes agriculteurs notamment…

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Les ministres de l’Agriculture des Vingt-huit ont rendez-vous les 4 et 5 juin à Sofia pour leur traditionnel Conseil informel semestriel avec au programme une discussion sur le renouvellement des générations. Mais les récentes propositions de la Commission européenne sur la future Pac et son budget risquent fort de phagocyter les débats.

La présentation le 1er juin par la Commission européenne de ses propositions législatives sur l’avenir de la Pac (1) risque de submerger les discussions informelles des ministres de l’agriculture des Vingt-huit réunis les 4 et 5 juin à Sofia sur le thème du renouvellement des générations dans le contexte de la Pac-post 2020. Et à cela, s’ajouteront les immanquables débats sur le budget alors que Bruxelles propose une réduction importante de celui-ci (2).

Lors de leur échange de vue formel le 5 juin, les ministres des Vingt-huit seront néanmoins invités à répondre à trois questions : dans quelle mesure les dispositions actuelles de l’UE visant au renouvellement des générations contribuent-elles à attirer et à retenir les jeunes agriculteurs dans le secteur ? ; quelles initiatives mises en œuvre au niveau national ont prouvé leur capacité à impliquer davantage de jeunes dans le secteur ? ; et que faut-il améliorer dans la politique agricole commune après 2020, dans le contexte du nouveau modèle de mise en œuvre, pour accroître l’efficacité des mesures et stimuler le processus de renouvellement des générations dans l’Union européenne ?

Accès à la terre, aux capitaux et à la formation

Dans le document qu’elle a préparé pour l’occasion, la présidence bulgare du Conseil de l'UE identifie trois raisons principales qui expliquent les difficultés qu’éprouvent les jeunes agriculteurs à démarrer une entreprise agricole. Tout d’abord, l’accès à la terre : environ 60 % des jeunes agriculteurs de l’UE rencontrent des problèmes d’achat ou de location de terres, principalement en raison de leur prix élevé et de leur disponibilité limitée. Deuxièmement, l’accès aux fonds ou aux capitaux : bien souvent les jeunes agriculteurs manquent de garanties pour contracter un prêt et cela affecte directement leur compétitivité par manque de terres et d’équipements. Selon la présidence bulgare, environ 35 % des jeunes agriculteurs de l’UE font état de problèmes d’accès aux subventions et aux crédits dus à des procédures trop compliquées. Dernier obstacle, l’accès à l’enseignement spécialisé et l’amélioration de la qualification professionnelle : environ 20 % des jeunes agriculteurs de l’UE connaissent ce type de difficultés. De plus, le manque d’information sur la situation du marché réduit leur capacité à réagir de manière opportune et adéquate.

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Le Parlement européen aussi

Un constat que partage le Parlement européen qui a adopté le 29 mai à Strasbourg un rapport de Nicola Caputo (S&D, Italie) sur la mise en œuvre des instruments de la Pac en faveur des jeunes agriculteurs depuis la réforme de 2013, dans lequel il insiste fortement sur l’accès à la terre, aux capitaux et à la formation. Afin de remédier au problème, les eurodéputés recommandent notamment de réévaluer le régime des paiements directs et de mettre en place des mesures incitatives afin d’encourager les agriculteurs plus âgés à céder leur exploitation aux jeunes générations. Ils proposent également l’augmentation du niveau maximal de financement au-delà de 2 % pour les paiements obligatoires du premier pilier ainsi que du taux de soutien du deuxième pilier afin d’encourager le renouvellement générationnel.

(1) et (2) Voir même numéro