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Conseil agricole informel Consensus des Vingt-cinq pour améliorer la communication sur la Pac

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Les ministres de l’agriculture de l’UE ont largement soutenu, lors de leur Conseil informel à Killarney (Irlande), le 11 mai, l’initiative de la présidence irlandaise pour améliorer la communication sur la réforme de la politique agricole et sur les préférences commerciales européennes auprès des partenaires de l’Union .

Les représentants des États membres ont insisté pour la plupart sur le fait que l’UE avait déjà fait de nombreux sacrifices et efforts dans ses réformes successives de la Pac et dans ces concessions commerciales, notamment envers les pays en développement, et que ses efforts n’étaient pas suffisamment pris en compte par ses partenaires de l’OMC. La France, la Belgique, l’Italie et dans une moindre mesure, l’Irlande, la Slovaquie et Chypre ont été les plus durs à ce propos, soulignant un manque de coordination entre États membres et accusant la Commission d’adopter une mauvaise stratégie dans les négociations commerciales en cours, en dévoilant toutes ses cartes dans une lettre alors que les autres protagonistes n’en n’ont pas encore montré une seule Voir article sur les négociations de l’OMC dans ce numéro. Les Vingt-cinq ont convenu de la nécessité d’améliorer la communication en direction des ONG, de la société civile, des universitaires et du commerce, notamment pour expliquer les efforts réalisés par l’UE en direction des pays en développement. Plusieurs délégations ont regretté à ce titre que l’UE n’ait toujours pas réussi à démontrer aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) que l’ouverture du marché européen à d’autres pays en développement n’était pas mauvaise pour eux. Enfin, plusieurs nouveaux États membres tels que la Lettonie, la Pologne et la Hongrie ont estimé que l’UE devrait améliorer ses relations avec leurs anciens partenaires privilégiés que sont la Russie, l’Ukraine ou d’autres pays de l’ex-URSS pour éviter certains obstacles tarifaires ou sanitaires aux exportations européennes.

« L’UE n’est pas une forteresse »

Lors du débat des ministres, le commissaire européen à l’agriculture, Franz Fischler, a souligné que l’UE ne pouvait être qualifiée de « forteresse », puisqu’elle est le premier importateur mondial de produits agricoles en provenance des pays en développement. À elle seule, l’Union importe plus que les Etats-Unis, le Japon, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande réunis. Elle absorbe près de 85 % des exportations agricoles de l’Afrique et elle applique sur les importations de produits agricoles des taxes douanières de l’ordre de 10,5 %, alors que la moyenne de ces droits sont de 30 % au Brésil et de 60 % dans les PVD.

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Pour sa part, le commissaire à la santé et à la protection des consommateurs, David Byrne, a rejeté les allégations des pays en développement selon lesquels les normes de sécurité sanitaire européenne sont un obstacle au commerce. Au contraire, ces règles permettent le développement de relations commerciales sur des bases solides et l’UE aide les pays concernés à respecter ses critères à travers plusieurs programmes d’assistance technique. Plus de 14 000 établissements à travers les pays tiers sont accrédités pour exporter des produits agricoles dans l’UE, dont 473 au Brésil, 558 en Argentine, 156 en Inde, 180 en Mauritanie, 95 au Mozambique et 66 au Ghana, pour ne citer que ces pays.

Les discussions sur les négociations de l’OMC et la politique de communication sur la Pac devraient se poursuivre lors du prochain Conseil agricole prévu le 24 mai à Bruxelles.