Réunis en Conseil à Bruxelles le 6 décembre, les ministres européens de la Santé ont adopté comme prévu des conclusions demandant la mise en place d’un plan européen d’intervention et de contrôle en cas de zoonoses . Le nouveau commissaire européen à la santé, Markos Kyprianou, a annoncé une proposition de révision de la directive sur la grippe aviaire pour début 2005.
«Un plan d’action européen en matière de préparation et de contrôle des zoonoses devrait être défini afin de mettre en œuvre une stratégie communautaire intersectorielle adaptée aux menaces émergentes résultant des maladies zoonotiques. Un tel plan devrait comporter des mesures et des instruments intégrés dans le domaine de la santé publique et de la santé animale, compte tenu des recommandations issues de la conférence organisée par les Pays-Bas » en septembre dernier, indiquent les ministres dans leurs conclusions. Pour les États membres, il est « urgent de renforcer l’approche européenne » et de soutenir les efforts de l’OMS, de l’OIE, de la FAO et du Codex Alimentarius en la matière. Les Vingt-cinq se « félicitent » donc « de l’intention de la Commission » de s’atteler à un tel plan d’action.
Ils souhaitent par ailleurs que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), en étroite collaboration avec le nouveau Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies basé à Stockholm, présente, sur la base du rapport communautaire annuel sur les zoonoses, « une analyse détaillée des facteurs de risque ».
Les ministres soulignent aussi la nécessité de « garantir » que l’évaluation, la gestion et la communication des risques se fassent « de façon intégrée, notamment par la coopération intersectorielle et la mise en réseau des laboratoires ».
Se préparer à la pandémie de grippe
Markos Kyprianou, le nouveau commissaire européen chargé de la santé et de la protection des consommateurs, a profité de l’occasion pour informer les États membres sur les préparatifs de la Communauté face à la menace de pandémie de grippe résultant de l’influenza aviaire en Asie. Depuis début 2004, la flambée d’influenza aviaire du sous-type H5N1 en Asie du Sud-Est a eu des conséquences catastrophiques sur le secteur de l’industrie animale et causé la mort de 32 personnes contaminées par des volailles ou des oiseaux malades. Un cas de transmission d’homme à homme en Thaïlande reste encore à confirmer. Selon les experts, un contact prolongé et intensif est nécessaire avant que le virus se transmette directement d’une personne à une autre. Mais, a souligné, M. Kyprianou lors d’une conférence de presse, « tous les scientifiques, comme la Commission, sont d’accord pour dire qu’il faut se préparer à une pandémie de grippe chez l’homme, même si on ne sait pas quand elle arrivera ». L’OMS a affirmé récemment que le virus H5N1 est certainement celui qui sera le plus à même de provoquer cette pandémie.
Révision de la directive sur l’influenza aviaire en 2005
Le commissaire a rappelé les mesures déjà prises par l’UE à l’égard de l’influenza aviaire dans le domaine de la santé animale :
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
• des programmes (cofinancés par la Communauté) de surveillance de l’influenza aviaire chez les volailles et les oiseaux sauvages sont déjà en place dans tous les États membres, conformément à une décision prise en juillet 2004.
• des mesures de vaccination préventive des volailles ont été prises récemment dans certaines régions d’Italie pour lutter contre une forme d’influenza aviaire faiblement pathogène
• enfin, la Commission procède actuellement au réexamen de la directive de 1992 sur la lutte contre l’influenza aviaire et compte proposer de nouvelles règles début 2005. Cette proposition comportera des mesures visant, d’une part, à améliorer la prévention et la lutte contre la maladie chez les volailles, oiseaux et autres animaux concernés, et, d’autre part, à resserrer la collaboration entre les services vétérinaires et les autorités de santé publique des États membres.
En ce qui concerne les aspects liés à la santé humaine, les domaines d’action prioritaires de la Commission sont l’amélioration de la capacité de diagnostic des laboratoires et la mise en place d’un réseau de laboratoires de référence pour la grippe par le biais du Programme européen de surveillance de la grippe (EISS) ; la coopération avec l’OMS en ce qui concerne la coordination des plans nationaux relatifs aux pandémies ; le développement des vaccins et antiviraux ; et le système d’alerte précoce et de réaction établi par le réseau communautaire de surveillance épidémiologique et de contrôle des maladies transmissibles dans la Communauté.
« Si une épidémie mondiale touche l’Europe, tous les États membres doivent unir leurs efforts dans la recherche d’un vaccin. Il est indispensable que les pays collaborent de manière satisfaisante. Telle a été la conclusion des ministres européens », a estimé la présidence néerlandaise de l’UE dans un communiqué.