Un consensus s’est dégagé lors de la conférence de Vienne sur la nécessité de fixer des seuils communs de contamination des semences par du matériel génétiquement modifié. Mais aucune réelle volonté politique ne s’est manifestée pour faire avancer le dossier de la coexistence, même si l’absence d’un cadre juridique clair a été regrettée par certains ministres et par Stavros Dimas, commissaire à l’environnement.
Si la conférence de Vienne sur la coexistence, qui s’est tenue du 4 au 6 avril sous la présidence autrichienne, a donné lieu à de nombreux débats sur les OGM en général, peu de conclusions sur la politique à mener en matière de coexistence sont cependant apparues aux termes de ces deux jours de discussions. De nombreuses délégations ont souligné la nécessité de légiférer sur les seuils de contamination pour la production de semences. Les ministres de l’agriculture danois et néerlandais ont notamment demandé à la Commission européenne de prendre des mesures concrètes concernant ces seuils. Le commissaire à l’environnement M. Dimas, chargé de ce dossier, s’est quant à lui prononcé à plusieurs reprises en faveur d’une amélioration du cadre juridique concernant les seuils de contamination dans les semences.
L’importance de la diversité régionale pour M. Pröll
Allant encore plus loin, le ministre autrichien de l’agriculture, Josef Pröll, a également affirmé qu’il faudrait considérer ces seuils différemment selon les régions. M. Pröll a en effet largement insisté sur l’importance de la diversité régionale au sein de l’UE. Le ministre, qui s’est dit favorable à une législation communautaire, a rappelé que la coexistence ne serait pas réalisable dans certaines régions, et pour certaines cultures. M. Dimas s’est également déclaré en faveur « de zones où les agriculteurs décideraient de ne pas cultiver d’OGM ».
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Mariann Fischer Boel s’est très nettement démarquée de ces positions. « La coexistence est uniquement un enjeu économique », a rappelé le porte-parole de la commissaire à l’agriculture Michael Mann. « Aucune zone sans OGM ne peut être décrétée par la loi. Nous vivons dans un marché unique, c’est ce marché qui décide ».
Enfin, l’accent a été mis à plusieurs reprises sur le manque d’informations ainsi que des expériences insuffisantes en matière de coexistence. Selon les conclusions de la conférence, il est trop tôt pour se doter de règles contraignantes et communes sur les OGM, en raison de ce manque de connaissance. « Cette conférence est le point de départ de futurs débats », a annoncé le ministre, qui espère l’émergence d’une solution politique.