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Fruits et légumes transformés > Conserves France résiste à la concurrence

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L’entreprise nîmoise, Conserves de France, spécialisée dans la transformation des fruits et légumes, a diversifié et valorisé son offre, notamment autour de la marque St-Mamet, pour contrer l’offensive des pays tiers.

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 7 % à près de 190 millions d’euros et une augmentation des volumes transformés de 2 % (170 000 tonnes) au cours de la campagne 2003/2004, Conserves France, implantée à Nîmes et dont l’actionnaire majoritaire est Conserve Italia, suit une ascension encourageante. Car le groupe, spécialisé dans la production de tomates et de fruits en conserves, bataille ferme sur un marché devenu largement compétitif. « Nous restons concurrentiels vis-à-vis des produits européens, italiens et espagnols, principalement, indique Maurizio Spinetti, directeur général délégué. En revanche, nous avons plus de difficultés à affronter l’offre provenant des pays tiers, très attractive en terme de prix».

Maîtrise de la filière

La Chine mène l’offensive sur le concentré de tomate, la Thaïlande fait de même avec le maïs doux et l’Afrique du Sud avec les fruits au sirop. « Nous ne jouons pas à armes égales, nous n’avons pas les mêmes coûts sociaux et de matières premières, poursuit Maurizio Spinetti. Dans ces pays, 10 heures de travail par jour sont ainsi payés 2 dollars. Face à cela, le poids des contraintes administratives en France augmente. Le passage aux 35 heures a ainsi représenté un coût qui ne favorise pas la compétitivité ». La concurrence des pays nouvellement entrés dans l’Union européenne se fait également jour, Hongrie en tête avec une importante production de maïs doux.

Dans ce contexte, Conserves France affiche sa volonté de continuer à transformer des fruits et légumes issus de l’agriculture locale. « Nous tenons à maîtriser l’ensemble de la filière, afin notamment de garantir la traçabilité des produits, affirme le dirigeant. Par ailleurs, nos apporteurs sont aussi actionnaires de l’entreprise et trois d’entre eux font partie du conseil d’administration». À l’origine, la maison mère était en effet une coopérative. Aujourd’hui, les producteurs associés sont regroupés dans l’OP Conserves Gard. L’entreprise possède trois sites de production spécialisés : Tarascon pour la transformation de tomate et la préparation de plats cuisinés ; Vauvers pour les fruits au sirop et St Sylvestre-sur-Lot pour la transformation de légumes et de tomates.

Valorisation de la marque St-Mamet

Pour rester en lice dans la compétition actuelle, Conserves de France a défriché plusieurs pistes. Elle s’est d’abord attelée à la diversification de son offre vers des produits élaborés. Une bonne partie du concentré de tomate est ainsi réutilisée dans des plats et des sauces, ce qui exige un savoir-faire. Elle a ensuite engagé un important travail de valorisation de la marque St-Mamet qui représente près de 50 % de son activité. La gamme de produits a été élargie avec des nouveautés. C’est le cas des coupelles de fruits signées « Envie de Fruit » ou encore des gourdes de compote destinées aux enfants avec des duos de parfums originaux : pomme/grenadine, pomme/cassis… Et enfin des compotes aux associations de saveurs nouvelles : pomme/pêche, pomme/fraise. L’an dernier, l’entreprise a par ailleurs investi le territoire de la quatrième gamme avec de coupelles de cocktail de fruits, d’ananas et de fruits du verger. Elle poursuit aujourd’hui sa réflexion sur ce créneau.

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Dans le même temps, la marque a fait l’objet d’animation publicitaire. Sur le terrain, les commerciaux ont travaillé à accentuer sa présence dans les linéaires des grandes surfaces. « Nous avons de surcroît réalisé, au niveau du groupe, des économies d’échelles en regroupant nos services administratifs au siège de Nîmes. Cela a entraîné une diminution des coûts fixes et nous a permis de proposer des prix plus attractifs », indique Maurizio Spinetti. L’entreprise a par ailleurs étoffé ses débouchés à l’étranger, en Grande-Bretagne et en Belgique. Les exportations représentent actuellement 15 à 20 % des ventes, contre 10 % il y a une dizaine d’années.

Maintien d’une agriculture viable

La stratégie d’enracinement local du groupe reste toutefois suspendue à la question du devenir de l’agriculture régionale à laquelle elle est intimement liée. Or, celle-ci se trouve en crise depuis plusieurs années. La campagne estivale n’a pas dérogé à la règle avec un effondrement des cours du marché des fruits et légumes frais. « L’industrie de la conserve constitue pour les agriculteurs un débouché avec des contrats pluriannuels et des prix linéaires sur l’ensemble de la campagne,commente Maurizio Spinetti. Il faut maintenant savoir jusqu’à quel point les pouvoirs publics veulent maintenir en Europe une agriculture viable ».

L’arrivée du chinois Chalkis qui a repris Le Cabanon, autre intervenant du secteur de la conserve de tomate dans la région, fait aussi planer des interrogations. Avec lui se dessine la crainte que le rôle de cette entreprise se résume à une plateforme d’importation des produits chinois en France.