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Consommation durable : les circuits courts peuvent faire mieux

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Les circuits courts alimentaires ont un réel impact sur les marges des producteurs et la satisfaction du consommateur, mais ils peuvent faire mieux en termes de consommation durable, dit l’Ademe.

Dans son avis de juin, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) indique des « points de vigilance », autrement dit des points à améliorer dans les circuits de proximité pour accroître leur durabilité. D’abord sur la saisonnalité. Une salade cultivée sous serre en hiver en Allemagne aura un bilan en termes de CO2 émis deux fois plus élevé que le même légume importé d’Espagne où il est cultivé en plein air (510 grammes de CO2 par salade contre 240 grammes).

Une camionnette peu remplie a plus d’impact à la tonne qu’un cargo

Ensuite sur la massification des transports. Les émissions par kilomètre parcouru et par tonne transportée sont environ 10 fois plus faibles pour un poids lourd de 32 tonnes et 100 fois plus faibles pour un cargo transocéanique que pour une camionnette de moins de 3,5 tonnes. Ils parcourent de plus grandes distances avec un impact d’émissions équivalent. De petites quantités, transportées sur des distances courtes dans des camionnettes peu remplies et revenant à vide, ont un fort impact à la tonne transportée, cite l’Ademe.

Enfin, les impacts liés à l’effet de serre des circuits courts dépendent des déplacements des consommateurs pour acquérir les produits. « Il est donc nécessaire d’organiser les points de distribution au plus près des consommateurs, par exemple les livraisons de paniers sur le lieu de travail ».

Si la logistique est optimisée (par l’adéquation du moyen de transport au volume transporté, par l’optimisation du circuit de livraison), « les circuits de proximité peuvent s’avérer très performants du point de vue du transport jusqu’au point de distribution », conclut l’avis. L’Ademe évoque l’enjeu du potentiel d’amélioration : un quart à un tiers du transport routier en France est lié au transport de produits agricoles et alimentaires. Réduire ces transports diminuerait « significativement les nuisances » de pollution atmosphérique, consommation d’énergie, nuisances sonores.

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Un quart à un tiers du transport routier en France est lié au transport de produits agricoles et alimentaires

Les points forts des circuits courts : la réduction des emballages et du gaspillage

L’avis de l’Ademe mentionne les points forts des circuits de proximité en matière de durabilité. En premier lieu, la réduction des emballages. « Dans la plupart des circuits courts les produits bruts sont peu ou pas emballés et les conditionnements liés au transport sont souvent réemployés ». De plus, la consigne pour réemploi des emballages des consommateurs est fréquemment pratiquée.

En second lieu, la vente directe permet souvent de mieux valoriser des produits hors calibre ou présentant des défauts esthétiques, pourtant parfaitement consommables. Et contrairement aux circuits longs, ces circuits courts ont moins de points d’entreposage qui multiplient les manutentions, susceptibles d’abîmer les produits frais. Enfin, ils ont moins recours aux procédés de conservation (chaîne du froid, conserverie) parce que le délai entre la production et la commercialisation est réduit. Donc moins de gaspillages.

Autres avantages économiques et sociaux mis en avant : sécurisation du modèle économique des producteurs, création d’emplois locaux, lien fort entre producteurs et consommateurs, et du coup valeur renforcée de l’alimentation.