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Embargo Contacts « positifs » pour une reprise très partielle des échanges avec la Russie

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La Commission européenne a confirmé des contacts « positifs » entre ses services et les services vétérinaires russes qui pourraient permettre à l'UE de reprendre très partiellement ses exportations vers la Russie pour certains produits, du secteur du porc notamment.

DES contacts qui se sont révélés « positifs » entre les services de la Commission de Bruxelles et les services vétérinaires russes, en marge de la Semaine verte internationale de Berlin, devraient permettre « la reprise, pour certains produits », des exportations de l'UE vers la Russie, a confirmé, le 20 janvier, Enrico Brivio, porte-parole du commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis. Le travail se poursuit pour mettre en œuvre les modalités de ces arrangements, a-t-il ajouté.

La veille, l'Union européenne du commerce du bétail et de la viande (UECBV) a annoncé que l'UE devrait pouvoir reprendre « bientôt » ses exportations de « certains produits » du secteur du porc vers la Russie, malgré l'embargo instauré par ce pays.

Précisions techniques

Les conditions dans lesquelles pourraient reprendre partiellement les exportations de l'UE vers la Russie pour certains produits agricoles et agroalimentaires sont précisées dans une lettre adressée le 16 janvier par le directeur général de la santé à la Commission européenne, Ladislav Miko, au chef du service vétérinaire et phytosanitaire russe, Sergey Dankvert, à la suite d'échanges de vues tenus en marge de la Semaine verte internationale de Berlin. Deux catégories de produits sont concernées : « graisses, saindoux, abats, viande, farines et produits similaires » ; « produits alimentaires transformés très spécifiques (par exemple, épicerie fine, certains produits laitiers et à base de viande, produits traditionnels, produits de niche, IGP/AOP, etc.) pour lesquels nous comprenons qu'il y a un prix élevé sur le marché russe ».

Pour ces produits, écrit Ladislav Miko, « afin de revenir à la situation avant l'embargo, nous comprenons que le commerce pourrait reprendre sur la base de certificats vétérinaires au niveau de l'UE et d'inspections du pays importateur. Les détails techniques sur les conditions liées aux exigences de l'UE et de la Russie et les détails pour la mise en œuvre entre l'État membre de l'UE et le pays importateur pourraient être précisés en relation/en même temps que les inspections ». Par ailleurs, pour les pommes de terre de conservation, les échanges pourraient, selon la lettre, « reprendre dans le futur proche en suivant les exemples des pommes de terre de semence sur la base de conditions à l'importation au niveau de l'UE à remplir par les États membres intéressés ».

Porcs vivants, abats et graisses

« Jusqu'à 40 % environ » des ventes de porc vers la Russie pourraient être rétablies, les États membres de l'UE devant maintenant travailler sur les « spécifications techniques » d'une telle reprise des échanges, a souligné l'UECBV, insistant sur le fait que « ce résultat aurait été impossible sans l'efficacité des négociateurs de la direction générale de la santé » de la Commission. Le 19 janvier également, le ministère français de l'agriculture a déclaré avoir obtenu des services vétérinaires russes un accord de principe sur la reprise des exportations françaises de porcs vivants, d'abats et de graisses de porc vers la Russie.

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En février 2014, Moscou a décrété un embargo sanitaire pour l'ensemble des pays de l'UE, en raison de la détection de cas de peste porcine africaine dans l'Est de l'Europe. Une mesure contre laquelle Bruxelles a porté plainte à l'OMC.

La reprise des exportations, qui pourrait être effective dans les prochaines semaines, ne concerne pas la viande de porc, qui est toujours sous le coup de l'embargo politique sur les produits alimentaires décrété le 6 août par la Russie.

Russie : contrôles dans la grande distribution contre la hausse des prix alimentaires

LES autorités russes ont lancé une vaste campagne de contrôles dans la grande distribution en vue d'identifier de possibles pratiques abusives aggravant la flambée des prix des produits alimentaires, a annoncé le parquet le 21 janvier. L'embargo décrété cet été par Moscou sur la plupart des produits alimentaires européens et américains en raison de la crise ukrainienne, ainsi que l'effondrement du rouble, ont provoqué de fortes hausses de prix. Le parquet a ordonné des contrôles entre le 20 et 23 janvier visant à « établir et réprimer des infractions à la législation en termes de fixation des prix ».

Les autorités veulent notamment comprendre les mécanismes qui ont conduit à des hausses atteignant selon le parquet 10 % à 50 % pour certaines catégories de produits (viande, poisson, sucre, chou, fromage, œufs, riz), y compris pour des aliments produits en Russie.

L'inflation a déjà dépassé 11 % en 2014 tous produits confondus – 15 % pour les produits alimentaires – et la hausse des prix devrait encore s'accélérer dans les mois à venir.