Avec 7,8 milliards d’euros en 2005, l’excédent agroalimentaire français s’est contracté pour la deuxième année consécutive, a révélé le ministère de l’Agriculture le 15 février. Ce résultat s’inscrit notamment dans un contexte de hausse globale des importations. La réduction du solde se concentre surtout sur les produits agricoles bruts.
En 2005, le solde du commerce extérieur agroalimentaire a atteint 7,8 milliards d’euros contre 8 milliards en 2004 et 8,4 milliards en 2003. Ce sont les céréales, les plantes industrielles et les viandes qui ont contribué le plus à la dégradation du solde agroalimentaire en 2005. Globalement, les importations agroalimentaires ont gagné 2 % et les exportations 1 %.
Légumes importés plus chers, exportations céréalières moins valorisées
Les importations de produits agricoles bruts (8,6 milliards d’euros) ont gagné 53 millions d’euros. Les importations de la plupart des produits agricoles bruts ont augmenté, à l’exception des céréales, des plantes industrielles et des produits de l’élevage. Le renchérissement de 10 % des légumes importés a pesé sur la balance commerciale, alors que globalement les quantités importées ont été en retrait (- 2 % par rapport à 2004). « Ceci est particulièrement vrai pour les
légumes en provenance du Maroc (+ 37 % en valeur, + 16 % en volume). Les tomates, les courgettes et les melons, dont les arrivages ne cessent d’augmenter depuis 2002, sont les plus touchés », commente le ministère.
Les exportations de produits bruts (10,2 milliards d’euros) ont fléchi de 51 millions, principalement en raison de la baisse des prix de vente des céréales.
Le ministère signale néanmoins que « pour la première fois depuis longtemps, le déficit des légumes se réduit » légèrement grâce à la progression des exportations de tomates, choux-fleurs et brocolis, accentuée par la hausse des prix. Les exportations d’animaux vivants se sont accrues.
Produits transformés : solde en baisse de 37 millions
L’excédent des échanges de produits agricoles transformés, de 6,2 milliards d’euros en 2005, a fléchi de 37 millions par rapport à 2004 dans un contexte de hausse des échanges profitant aux importations d’une manière générale.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les importations de produits agricoles transformés (23,7 milliards) se sont accrues de 533 millions par rapport à 2004. Les achats de viandes, bovine notamment, ont continué d’augmenter, pour compenser la faiblesse de la production nationale. La dégradation du déficit des produits préparés de la pêche est due uniquement à la hausse des importations. En outre, les achats français d’huiles végétales ont progressé de 20 %, dont la moitié est imputable à l’huile de tournesol.
Les exportations (29,9 milliards) ont progressé de 496 millions par rapport à 2004. La hausse des exportations de produits laitiers est imputable pour plus d’un tiers aux yaourts et desserts lactés frais. Les exportations de cognac ont progressé de 9 % en particulier grâce à l’augmentation des ventes vers les États-Unis et Singapour et dans une moindre mesure vers la Chine et la Russie. La hausse des ventes de champagne (+ 6 %), accentuée par la hausse des prix, a compensé la baisse de celles des vins (- 3 %).
Contraction sur l’UE et les pays tiers
Avec les partenaires de l’UE, l’excédent des échanges agroalimentaires (6,7 milliards d’euros) s’est tassé de 70 millions en 2005 par rapport à 2004, principalement à cause des produits agricoles bruts, dont les exportations ont diminué, particulièrement celles de céréales (- 9 %). Le solde de l’ensemble des produits agricoles transformés s’est amélioré.
L’excédent des échanges agroalimentaires s’est réduit le plus avec l’Allemagne (- 338 millions) et avec l’Italie (- 140 millions), mais il s’est amélioré avec la Belgique (+ 227 millions) et le Royaume-Uni (+ 114 millions).
Avec les pays tiers, le solde s’est élevé à 1,1 milliard d’euros en 2005, soit 70 millions de moins qu’en 2004 à cause de la hausse plus marquée des importations de produits agricoles transformés (+ 7 %) que des exportations de produits agricoles bruts (+ 3 %). En particulier, les importations de produits préparés de la pêche se sont accrues de 20 % et les exportations d’alcools de 7 %. Le déficit s’est creusé le plus avec les pays d’Amérique du Sud (- 106 millions).
Enfin, l’amélioration du solde, observée en novembre, s’est poursuivie en décembre 2005. Ainsi, le solde atteint 647 millions, soit 104 de plus qu’en décembre 2004, indique le ministère. Une progression due à la hausse des exportations de produits transformés. Les ventes de sucre ont gagné près de 40 %. Accentuée par la hausse des prix, les ventes de cognac ont progressé de 26 % (+ 5 % en volume). Il en est de même pour le champagne (+ 7 %) et le vins (+ 2 %), dont les quantités exportées ont toutefois diminué, respectivement de 10 et 11 %. En décembre 2005, l’amélioration du solde s’est concentré sur les partenaires européens.