Des éleveurs répugnent à verser leur lait dans la fosse à lisier et viennent l’offrir en ville pour de bonnes œuvres ou directement au public qui tient parfois à payer plus que les 25 centimes demandés pour… la bouteille et le bouchon. Une aubaine, et pas seulement pour le consommateur, quand le « prix » monte jusqu’à 50 ct, soit le double de ce que paient les industriels ! Mais qui restera exceptionnelle, comme la grève du lait. Plus durables et tout aussi éloquents à un moment où l’on ob-serve à la loupe les prix et les marges et le partage de la valeur, ce sont les nombreux essais de « circuit court » et autres ventes directes. Ainsi, les éleveurs qui produisent du poulet, du porc breton ou du charolais, se voient mieux rémunérés depuis qu’ils livrent le circuit «ecomiam.com » lancé cet été par Daniel Sauvaget. Autre démarche aussi symbolique, mais sans grande médiatisation, celle qui engage certains industriels comme Fleury Michon décidant avec plusieurs enseignes d’accorder 40 ct au client en bons de réduction sur ses jambons issus de la filière VPF (viande de porc française). Le but est de soutenir le développement d’un amont qui risque, sinon, de disparaître sous le coup de la concurrence et des importations. Après tout, rien n’indique que les Français soient forcément contre lorsqu’ils poussent leur caddie. Au fond, même dans des échanges marchands, le moins disant n’est pas synonyme du meilleur rapport qualité-prix. Et l’alimentation, comme toute réalité économique et sociale, ne relève pas seulement du pur « échange », mais aussi, selon François Perroux, de la « contrainte » et du « don ».
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