On se serait cru revenir, ce 6 novembre à l'Assemblée nationale, au temps des bouilleurs de cru sous la IVe République : l'essentiel des débats sur les articles de la loi de finances concernant l'agriculture, se sont concentrés sur le contrat vendanges. Faut-il ou non maintenir l'exonération des charges sociales sur les vendangeurs ? La question est-elle la plus fondamentale pour l'agriculture ? Les députés, ardents défenseurs de cette causes ne sont pas sortis bien grandis d'un tel débat où le localisme, depuis le champagne jusqu'aux grands bordeaux, était roi.
De deux choses l'une : soit la vendange est déjà mécanisée, ce qui est la plupart du temps le cas dans les régions viticoles produisant des vins courants ; et alors le problème ne se pose plus ; soit elle n'est pas mécanisée, dans les appellations les plus prestigieuses du fait des cahiers des charges des appellations contrôlées. Et dans ce cas on ne voit pas trop en quoi la compétitivité risque de souffrir à la fin de cette exonération. Quant à ceux qui disent qu'on va mécaniser la vendange de champagnes, bourgognes ou bordeaux, ils font bien peu de cas des exigences de qualité indispensables à ces vins. Est-ce vraiment quelques pourcents de charges supplémentaires qui vont remettre en cause le tri des raisins ou les vendanges manuelles en Champagne ?
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Il y aurait eu un vrai débat, sans doute, à mener, sur la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire français. Ce secteur a-t-il les moyens, en investissements, recherche, innovation, etc. de faire progresser sa valeur ajoutée afin de mieux exporter ? Les pouvoirs publics déploient-ils tous les efforts qu'on peut espérer pour soutenir nos exportations ? Etc. A force de localisme, nos chers élus passent souvent à côté des vrais problèmes.