« Quand nous avons monté la tripartite avec Ch’ti Porc, aucun industriel français n’était partant », peste Michel Biero, patron de Lidl France. « Nous travaillons avec un industriel belge avec qui nous travaillions déjà. Dans la région, personne ne pouvait abattre et transformer nos cochons », confirme Benjamin Dennequin, adhérent au groupement des producteurs de porcs des monts de Flandres qui commercialise ses produits sous la marque Ch’ti porc dans le cadre d’un contrat tripartite avec Lidl.
Le même problème s’est posé pour du lait de consommation, dans la même région. Dès lors, impossible, d’apposer sur l’étiquette les logos « viande de porc français » ou « lait collecté et conditionné en France ». Plus globalement, les industriels, quelques-uns mis à part comme LDSH, sont plutôt frileux dans la mise en place de contrats tripartites. « Je veux bien aller plus loin mais il faut que les industriels me suivent », défend Michel Biero.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Il faut dire que « pour afficher le même prix de vente en supermarché », le distributeur explique « rogner sur sa marge et sur celle de l’industriel pour proposer au consommateur un produit équitable ». De quoi freiner quelque peu les motivations. Le constat est partagé par Serge Papin, ancien patron de système U : « Il faut aussi que les transformateurs jouent le jeu », explique-t-il.
La question de la transparence est également centrale, et les échanges entre distributeurs et industriels ne sont pas facilités lorsque les produits sont transformés. « Les contrats tripartites ne sont pas possibles pour les produits transformés. Il n’y a pas suffisamment de transparence », assure le patron de Lidl. « Les contrats tripartites, c’est plus simple pour les produits de première transformation, convient Serge Papin. Cela peut se faire aussi sur les produits transformés mais il faut que tout le monde le veuille. »