Dans un rapport intitulé « Peste porcine africaine : les clôtures ne suffisent pas », l’Efsa souligne le potentiel intérêt des filets à insectes contre la propagation de cette maladie.
Dans une récente synthèse, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a évalué les facteurs de risque et mesures protectrices contre la peste porcine africaine (PPA). En analysant 24 études réalisées dans des zones infectées d’Europe, l’Efsa retient notamment l’intérêt de poser des filets anti-insectes sur les ouvertures des bâtiments, en plus des mesures adéquates de biosécurité. Certaines mouches piqueuses des ruminants ou chevaux pourraient en effet transmettre la maladie. Toutefois leur rôle reste incertain et « doit faire l’objet d’études plus approfondies », considère l’Autorité.
Encore plus évidente se révèle la nécessité, dans une zone infectée, de protéger les stocks de litière et d’éloigner les épandages d’élevages voisins. En revanche, les tiques n’ont jamais été mises en cause en une décennie, constate le rapport. Enfin, pour empêcher les sangliers infectés d’envahir une région, les barrières naturelles et zones urbaines s’avèrent effectives, de même que les grands grillages et fils électriques, le rapport donnant en exemple la clôture réalisée en 2019 entre la Belgique et la France.
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Des audits à poursuivre selon la FNP
À la lecture du rapport, Vincent Varin, président de l’ANSP (Association nationale sanitaire porcine), y voit la confirmation de l’intérêt d’un panel de mesures : « C’est exactement ce que nous prônons via notre audit Pig Connect Biosécurité, qui permet de faire un point entre un expert et l’éleveur sur l’ensemble des mesures de biosécurité mises en place dans l’exploitation et de définir un plan d’action pour lever les potentilles non-conformités. La mise en place de clôtures pour les élevages plein-air fait partie de ces mesures, mais d’autres sont également essentielles. » Concernant le rôle de certaines mouches piqueuses dans la propagation du virus, il assure que l’ANSP ne manquera pas de travailler à la mise en place de nouvelles recommandations auprès des éleveurs si cela s’avère nécessaire.
À la FNP (éleveurs de porcs français) le directeur Eric Thébault place ses espoirs dans la recherche sur la vaccination des sangliers notamment, soulignant que des « tests prometteurs mais pas encore conclusifs » sont conduits à l’Anses Ploufragan ; toutefois, le délai reste long – 3 à 4 ans – pour valider un tel vaccin. Dans ses commentaires sur les préconisations de l’Efsa, il apprécie la recommandation d’analyses sur le rôle des mouches piqueuses. Il rappelle qu’un financement est prévu pour convaincre les éleveurs n’ayant pas été audités sur la biosécurité, « souvent des petits détenteurs », de l’être. À ce jour, précise-t-il, 50 % des sites sont audités pour près de 85 % de la production.