Faute de mesures européennes pour endiguer la maladie, la France a interdit les importations de végétaux en provenance des régions touchées – en particulier le sud de l'Italie – par la bactérie Xylella fastidiosa. L'organisation agricole italienne Coldiretti critique vivement cette décision.
La France a annoncé le 3 avril avoir interdit l'importation de végétaux sensibles à Xyllela fastidiosa et provenant de zones touchées par cette bactérie en particulier la région des Pouilles dans le sud de l'Italie où 10% des oliviers seraient affectés (1). Paris entend ainsi éviter que la maladie ne s'étende en France et touche non seulement des oliviers mais aussi d'autres espèces végétales comme la vigne ou les agrumes. D'autant, précise le ministère de l'agriculture français qu'il « n'existe pas de méthode de lutte directe contre la bactérie. Une fois contaminés, seul l'arrachage total des végétaux permet d'éradiquer la maladie ».
L'organisation agricole italienne Coldiretti a vivement réagi le 3 avril à cette décision. Cette mesure « prise en dehors du droit communautaire » est « arbitraire » et « disproportionnée », déplore le syndicat, évoquant le risque d'une « guerre commerciale sans précédent ». Coldiretti s'en prend également à la Commission européenne, qualifiée de « Ponce Pilate » qui s'en lave les mains en laissant la France agir ainsi sans pour autant renforcer les contrôles aux frontières de l'UE.
La Commission européenne estime pourtant que la France a le droit de prendre de telles dispositions. « En cas de danger immédiat, un État membre peut prendre des mesures supplémentaires. Surtout que des mesures vont être prises par le comité permanent compétent de l'UE », a indiqué le porte-parole du commissaire européen à la santé.
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Les experts des États membres de l'UE s'étaient montrés très divisés, le 27 mars, sur les mesures à prendre pour renforcer la lutte contre la propagation de la bactérie (2). Ils doivent revenir sur le dossier fin avril, mais il semble peu probable qu'ils parviennent à un accord à la majorité qualifiée ; or, il faut agir le plus rapidement possible car la propagation se fait durant l'été par des insectes vecteurs. Bruxelles se veut pourtant confiante. Une fois les mesures européennes en place, les autorités françaises seront appelées à réviser leur dispositif.
(1) Voir n° 3489 du 23/03/2015
(2) Voir n° 3491 du 06/04/2015