Si elle reste le plus grand exportateur et importateur de produits alimentaires et de boissons du monde, l’UE voit sa part du marché mondial des exportations diminuer d’année en année du fait de la forte concurrence d’autres exportateurs des pays émergents. C’est ce que souligne le dernier rapport annuel de la Ciaa (Confédération des industries agroalimentaires de l’UE). La Ciaa met tous ses espoirs dans les travaux du Groupe de haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire de l’UE qui devraient aider cette dernière à conquérir de nouveaux marchés et donc à reconquérir le terrain perdu.
Selon le rapport 2008 de la Ciaa la part du marché mondial des exportations de produits alimentaires et de boissons de l’UE a diminué au cours des dix dernières années, passant de 24,6 % en 1998 à 19,8 % en 2007 en raison notamment de la forte concurrence d’autres pays exportateurs comme le Brésil et la Chine. La Ciaa se félicite que la création du Groupe de haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire de l’UE en 2008 ait été l’occasion pour elle de mettre à l’agenda des dirigeants politiques européens les principales préoccupations et recommandations de l’industrie européenne. Comme on le sait, le rapport final du Groupe de haut niveau vient d’être finalisé à la grande satisfaction de la Ciaa qui réclame toutefois que toutes les recommandations qui seront retenues par les politiques devront être effectivement mises en œuvre ce qui, prévient-elle, « devra nécessiter une surveillance étroite de notre part ».
Ouvrir de nouveaux marchés prometteurs
Les négociations d’accords de libre-échange sont également au cœur de la stratégie européenne visant à ouvrir de nouveaux marchés à l’étranger, d’améliorer l’accès à ceux qui existent déjà et faire en sorte que les entreprises de l’UE puissent bénéficier d’une concurrence loyale sur ces marchés. Deux pays, le Canada et la Libye, ont été récemment identifiés en tant que futurs partenaires de négociations de libre-échange, alors que les discussions avec une série d’autres pays sont encore en progrès. Le processus de négociation avec la Corée est le plus avancé et serait en voie d’être finalisé au cours du premier semestre de 2009. La Ciaa assure suivre attentivement le processus de négociation avec l’Ukraine, l’Inde, l’Association des nations de l’Asie du sud-est (Anase).
Elle met notamment l’accent sur la nécessité d’une amélioration significative dans le domaine des mesures sanitaires et phytosanitaires ainsi que dans la protection des indications géographiques communautaires. La Ciaa dit aussi avoir lancé une réflexion sur l’avenir d’accords de libre-échange avec la Libye et le Canada et compte transmettre à la Commission européenne des informations concernant les priorités des différents Etats membres de l’UE.
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Approches réglementaires divergentes
La Ciaa se dit préoccupée par le nombre important d’obstacles non tarifaires au commerce et par différents types d’obstacles réglementaires et en particulier celui qui concerne les relations bilatérales avec les États-Unis, le plus grand marché pour l’UE (11,6 milliards d’euros annuellement). La longue liste de problèmes, « souvent dus aux différentes approches réglementaires des deux côtés de l’Atlantique », souligne la Ciaa, « empêche les producteurs de l’industrie agroalimentaire et des boissons de l’UE de tirer pleinement parti du potentiel commercial des relations UE/Etats-Unis ». Améliorer les conditions des échanges avec les États-Unis est une question d’une grande importance pour la Ciaa, qui estime, qu’en dépit des efforts menés dans le cadre du Dialogue du Conseil économique transatlantique (créé en 2007), une série de problèmes très sérieux restent en suspens.
Le rapport annuel de la Ciaa déplore que plusieurs produits européens continuent de souffrir de l’augmentation des droits résultant de sanctions dans le dossier de la viande aux hormones et s’inquiète du risque que les choses s’aggravent encore plus dans un proche avenir avec la perspective de voir l’interdiction de l’UE de commercialiser des volailles américaines traitées avec des produits chimiques être condamnée par l’organe de règlement des différends de l’OMC. Compte tenu de ces menaces, la Ciaa préconise d’intensifier une collaboration réglementaire avec les États-Unis et avec le Dialogue économique transatlantique pour trouver une solution aux problèmes commerciaux liés aux divergences d’approches réglementaires.