L'assurance agricole est un casse-tête. Pour qu'elle soit moins onéreuse, il faut qu'elle soit mutualisée auprès du nombre maximum d'agriculteurs. Or, si elle touchait dix fois plus d'agriculteurs, la subvention de l'Etat, qui est financée par un budget fixe, serait forcément moindre pour chaque assuré. Ce qui alors retirerait de l'intérêt économique à s'assurer, etc. Le système tourne en rond. S'il tourne en rond c'est que le calcul purement économique pour justifier ou non une assurance n'est pas valable.
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On s'assure parce qu'on est convaincu qu'un risque climatique est possible et que, s'il survient, ce peut être une catastrophe. Or, chez les agriculteurs, cette conviction, cette culture, n'existe pas. Sortis depuis longtemps du fonds national de garanties des calamités agricoles, les viticulteurs ne se sont pas pour autant dépêchés de s'assurer. Du coup, bon nombre d'entre eux se retrouvent en grande détresse. Certes, les agriculteurs peuvent, pour beaucoup d'entre eux, dire que l'assurance est trop cher compte tenu de leur revenu. Mais justement, c'est dans ce cas qu'il faut s'assurer. Le coût de l'assurance multirisque climatique ne serait pas tellement supérieur à un passage de phytos, dit-on. Un argument qui ne suffit pas. Les agriculteurs sont trop enclins à parier qu'ils passeront à travers les gouttes d'un climat déplorable. Ou trop enclins à compter sur le recours de l'Etat. Réflexes à la fois individualistes et collectifs. Epoque révolue. L'argent public est trop chiche pour pouvoir compter dessus. Et le désordre climatique est trop présent pour croire qu'on peut y échapper. Il fut un temps où l'assurance grêle pouvait représenter une bonne affaire. Un coup de grêle et on touchait 60% de la récolte par l'assurance. Et malgré tout on vendait 60% de cette récolte. Aujourd'hui ce n'est plus possible. Mais l'assurance reste encore plus indispensable.