« Les décisions d’aujourd’hui, politiques et économiques, demandent un courage et une détermination dont bien peu de gouvernements ont fait preuve ces dernières années ». Tel est constat, sans complaisance, dressé par Coop de France qui a décidé de saisir les futurs candidats à l’élection présidentielle. Dans un petit fascicule d’une quarantaine de pages, le secteur coopératif dresse dix défis qui, immanquablement, vont se poser au nouveau président de la République quel qu’il soit.
Le prochain président de la République devra affronter un « capitalisme financier débridé » auquel il faudra opposer « un modèle de gouvernance indépendant des diktats boursiers ». Les Français connaissent une perte de confiance générale envers la classe politique et plus globalement dans le système économique, dans lequel ils vivent, « atteints d’un pessimisme collectif et individuel et d’une grande défiance », constatait Brice Teinturier, directeur d’Ipsos, le 29 novembre devant le congrès de Coop de France. Pour lui, le monde coopératif jouit d’une bonne image et a une carte à jouer pour mieux faire connaître son modèle économique. Il rejoint en cela les préoccupations du petit livre adressé aux candidats qui leur demande de s’inspirer de ce « capitalisme coopératif » qui est un regroupement de personnes avant d’être un regroupement de capitaux.
L’agriculture et l’alimentation doivent devenir des enjeux stratégiques
Sans grande originalité, Coop de France pense que ces deux secteurs vont être de plus en plus au cœur des réflexions internationales pour assurer une alimentation à toute la planète. Le futur élu à la tête de la nation devra faire en sorte que l’Etat investisse dans les secteurs agricoles et agroalimentaires par un programme pluriannuel d’investissements, dynamise le Fonds stratégique d’investissement, harmoniser les règles de concurrence en Europe, ou vers les pays tiers. Le document préconise également de favoriser, comme l’a fait l’Allemagne, une émergence d’entreprises de taille intermédiaire qui offrent un fort potentiel d’innovation augmentant avec leur taille et leur présence à l’étranger.
Préserver la fiscalité des coopératives
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Un point particulièrement sensible a été largement évoqué par Philippe Mangin, le président de Coop de France, celui de la fiscalité des coopératives. Elles bénéficient d’exonérations d’impôts pour les opérations réalisées avec leurs membres, mais en aucun cas ce ne sont des « niches fiscales », se défend-il. Les candidats devront s’engager à maintenir la pérennité de ce système qui soutient des entreprises « qui créent de l’emploi et de la valeur dans les territoires ». Il demande également que le crédit impôt-recherche ne soit pas remis en cause, car pour renouer avec la croissance, la France ne peut se passer d’innover et d’inventer des technologies nouvelles. Les coopératives investissent largement dans les biomatériaux, bioplastiques, biotechnologies, nutrition santé et carburants alternatifs. Et de se prononcer clairement pour un sujet brûlant d’actualité, en appelant à renforcer la recherche publique et privée dans les OGM. « C’est une question d’indépendance nationale et de compétitivité pour le secteur agroalimentaire ». D’autres chapitres touchent aux transports, pour une relance la politique de fret ferroviaire et fluvial, à l’écologie ou la conquête des marchés internationaux.
Mobiliser la société civile
L’objectif de Coop de France est maintenant de rencontrer toutes les équipes de campagne des candidats pour expliciter leurs propositions. Le document sera également largement diffusé auprès des élus, sénateurs et députés en France, tout comme aux parlementaires européens, ainsi qu’à un vaste éventail de représentants de la société civile. Une opération spéciale sera également menée lors du Salon de l’agriculture.