Coop de France a entamé des rencontres avec la distribution pour bâtir de nouvelles relations commerciales entre coopératives et GMS, a-t-elle annoncé le 4 juin. En quête d'un « new deal », l'organisation veut sortir d'un « conflit permanent » sur les prix. L'action du gouvernement sur cette question est critiquée.
« Il faut restaurer un climat de dialogue », a déclaré le président Philippe Mangin, appelant les grandes enseignes à des « relations plus constructives ». Le chantier est lancé avec la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution), a-t-il précisé en conférence de presse. Un plan de travail sur deux ans est calé, des dates sont prévues pour des bilans d'étapes. Trois distributeurs ont aussi été approchés. L'idée est de « construire un new deal » entre coopératives et GMS, a expliqué Philippe Mangin, déplorant que « la guerre des prix continue de battre son plein ».
Les résultats de Le Foll « insuffisants »
Coop de France ne cesse d'alerter sur les mauvaises relations commerciales : « Les coopératives sont en conflit permanent avec leurs clients », d'après l'organisation. « Une guerre des prix que tous les acteurs trouvent ruineuse », a indiqué Philippe Mangin. « Le maillon de la transformation subit une pression de plus en plus forte. Les marges s'érodent », d'où une baisse des capacités d'investissement, nuisible à l'innovation, la recherche, la modernisation des usines. « Le maillon de la production subit aussi de lourdes conséquences », avec des perspectives « extrêmement inquiétantes » pour les producteurs de porc, de bœuf et dans une moindre mesure de lait, a-t-il poursuivi.
Face à cette situation, la politique du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll produit des « résultats insatisfaisants, insuffisants. Il ne va pas assez loin dans la prise de responsabilité », a critiqué Philippe Mangin. Coop de France demande donc que les pouvoirs publics fassent davantage appliquer la loi en matière de relations commerciales, tout en exigeant une « pause réglementaire et législative » face à une « frénésie de lois ».
Produire pas cher
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dans sa recherche de nouvelles relations commerciales, Coop de France ambitionne aussi « la prise en compte des spécificités de la coopération ». « Nous sommes intimement persuadés que le consommateur peut trouver un bénéfice en achetant des produits coopératifs », a insisté Philippe Mangin. À condition d'expliquer cette différence. L'action de communication, lancée il y a deux ans en TV, radio, sur les réseaux sociaux, en prend le chemin (lire l'encadré).
Ce qui n'empêche pas de lorgner les rayons aux produits pas chers. Un travail à mener est de voir « comment l'agriculture française peut répondre à toute la palette d'attentes des consommateurs, vu la diversité des pouvoirs d'achat », a déclaré Philippe Mangin. À ses yeux, la loi d'avenir prépare mal le secteur à un tel objectif. Et d'égratigner encore l'attitude du gouvernement, son « manque de courage » dans l'affaire de la ferme dite des 1 000 vaches : « La recherche de la compétitivité pour l'agriculture française n'est pas la préoccupation majeure », a-t-il regretté. (JCD)
Le président de la République aurait demandé aux ministères de l'Économie et de l'Agriculture d'envisager une mesure équivalente, pour les coopératives, à celle du sur-amortissement de 40% des investissements, décidé par Emmanuel Macron récemment. Une mesure dont ne bénéficient pas à ce stade les coopératives. Ce dispositif a été demandé par Philippe Mangin, président de Coop de France, reçu par François Hollande ce 29 mai, au nom de la coopération agricole mais aussi au nom des autres secteurs coopératifs. Il pourrait être acté dans la prochaine loi de finances rectificative prévue pour juillet. Pour la coopération agricole l'enjeu équivaut à une vingtaine de millions d'euros de soutien aux investissements. D'autres sujets ont été abordés lors de cette rencontre, comme les difficultés des filières viandes, la promotion des exportations agroalimentaires, la préparation de la conférence de l'environnement Cop21 et le rôle du secteur agricole et alimentaire.
La 1ère Semaine de la coopération agricole, du 6 au 14 juin, marque une nouvelle étape dans la campagne de communication menée par Coop de France. Après « un message d'existence » lancé en TV, radio, sur les réseaux sociaux, l'objectif est de « montrer ce que nous faisons », a expliqué Philippe Mangin. Plus de 130 manifestations sont au programme, avec beaucoup de portes ouvertes. Autre temps fort, la remise des Trophées des initiatives coopératives, le 11 juin.