Lors du conseil d’administration de Coop de France, réuni le 8 juillet, quatre fédérations parmi les plus importantes ont décidé de mutualiser leurs équipes et leurs moyens avec ceux de l’ancienne CFCA, indique l’organisation. D’autres, privilégiant l’attentisme, sont allées renforcer le rang des fédérations associées, ou ont opté pour le statut intermédiaire d’adhérent sous convention.
Un projet ambitieux tel que la création d’une maison commune à l’ensemble des coopératives françaises ne se fait pas sans débats internes, ni discussions. A en croire les échos recueillis auprès de plusieurs fédérations, celles-ci ont été vives le 8 juillet lors du conseil d’administration qui devait approuver le schéma de la nouvelle organisation Agra Industrie n°71 du 1er juillet 2004. Ainsi fut fait d’ailleurs, puisque, comme l’a indiqué Coop de France le même jour dans un communiqué, le conseil a confirmé « les principes d’une organisation unique et renforcée de l’ensemble de Fédérations nationales et régionales ».
A y regarder de plus près, il apparaît toutefois que les choses ne sont pas si simples. Alors que dans le projet présenté le 3 décembre lors du lancement de Coop de France, huit fédérations avaient déclaré rejoindre la nouvelle organisation Agra Industrie n°43 du 11 décembre 2004, elles sont six à avoir « confirmé leurs engagements d’adhérents », indique le communiqué du 8 juillet, et quatre – la FFCAT, la FNCBV, le SNDF et le Syncopac Fédération française des coopératives agricoles de collecte, d’approvisionnement et de transformation, Fédération nationale de la coopération bétail et viande, Syndicat national des déshydrateurs de France et Fédération nationale des coopératives de production et d’alimentation animales. – à avoir accepté de « mutualiser leurs équipes et leurs moyens avec ceux de l’ancienne CFCA ». Par ailleurs, « l’ensemble des Fédérations associées ont manifesté leur attachement au projet politique…et leur volonté de s’y investir durablement », précise Coop de France.
Adhérents sous convention
Comme l’avaient souligné Alain Chalandon, directeur général de Coop de France, et Louis Evain, président de Coopagra, dans l’entretien qu’ils nous ont accordé récemment, le projet qu’ils ont construit pour la maison commune se veut plus ambitieux que celui voté le 3 décembre. S’il avait été question ce jour-là de transfert des personnels des fédérations à Coop de France, qui les leur remettait à disposition, il semble qu’une telle mesure ne puisse être pérenne sur le long terme pour des raisons juridiques. L’on s’achemine donc vers une fusion des personnels, les administrateurs de Coop de France ayant d’ores et déjà décidé la création d’une société immobilière « pour rassembler les équipes nationales dans un immeuble commun ».
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Or, c’est là précisément que le bât blesse. Certaines fédérations redoutent en effet d’être vidées de leurs moyens et donc de leur contenu, et de ne plus pouvoir défendre les intérêts sectoriels de leurs adhérents. Parmi elles, la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières), qui initialement figurait au nombre des adhérents fondateurs, dit son attachement à Coop de France pour traiter des dossiers horizontaux, mais souhaite « conserver son métier », d’autant qu’elle ne saurait envisager de quitter la Maison du lait. Elle a donc plaidé en faveur d’un statut intermédiaire d’adhérent sous convention, accepté a priori par Coop de France qui souhaite établir une période de transition d’un an, nous précise Alain Chalandon.
Réflexion
Un nouveau conseil d’administration se réunira le 30 septembre prochain pour « faire le point sur ces adaptations ». En attendant, il semble qu’un bras de fer soit engagé avec plusieurs fédérations, qui, en décembre dernier, avaient opté en faveur d’un statut d’adhérents associés pour un délai de trois ans, durant lequel elles ne disposaient pas de droits de vote. Privilégiant une position de veille lors de la création de Coop de France, elles se montrent désormais, face au projet de fusion, décidées à camper sur leurs positions en redemandant, entre autres, le droit de vote.
Ce projet est un bon projet, réaffirme Alain Chalandon, ajoutant que l’acceptation acquise des quatre grandes fédérations apporte d’ores et déjà à Coop de France 90 à 95 % de ses moyens financiers et humains, tout en laissant le temps de la réflexion aux fédérations qui le souhaitent.