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Rail Coop de France s'inquiète de la fermeture des « voies capillaires »

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Coop de France Métiers du grain s'inquiète de la fermeture des lignes ferroviaires à faible trafic, dites « voies capillaires », qui remettrait en cause le transport par fer de 2,1 Mt de grains, d'après un sondage auprès de ses adhérents. Les préoccupations de ces derniers, de manière plus générale, viennent aussi de « l'amoncellement de nouvelles règles ».

«Le manque d'entretien du réseau, aggravé par le désengagement financier de l'Etat au cours des dernières années, conduit Réseau ferré de France (RFF) à programmer un nombre croissant de fermetures de lignes », selon un communiqué le 3 juillet, précisant que « les annonces se sont multipliées » depuis quelques semaines, « souvent sans préavis ».

Coop de France Métiers du grain estime à 40 % la part des flux qui transitent par des voies capillaires. Leur fermeture remettrait en cause, pour les seules coopératives sondées (1), le transport par fer de 2,1 Mt de grains. « Ces flux mettraient sur la route 82 000 camions de plus par an », a déclaré en conférence de presse le DG Vincent Magdelaine.

Les impacts sont multiples. « Obligation de réorienter les flux, ruptures de charges, perte de certains débouchés, dévalorisation d'investissements… les conséquences économiques sont lourdes », détaille le communiqué (lire aussi notre encadré). C'est « pire » d'un point de vue environnemental, juge Coop de France : un train en moins équivaut à 50 camions de plus sur la route, d'après ses calculs.

40 ans de sous-investissements

« Il y a 40 ans de sous-investissements en entretien des lignes », a déploré Vincent Magdelaine. Décidé dans les années 80, l'allégement de la maintenance sur les lignes secondaires du réseau ferré se ressent aujourd'hui pleinement. Selon des chiffres avancés par Coop de France mais non confirmés par RFF, environ 1 800 km de lignes capillaires pourraient être progressivement fermées à partir de 2014.

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« Les 16 millions d'euros par an consacrés à leur rénovation jusqu'en 2012 ont tout juste permis de retarder l'amorce du processus massif de fermeture des lignes concernées, d'après le communiqué. D'autant que ce budget limité à 8 millions d'euros en 2013 a été supprimé en 2014. » Il s'agit de lignes anciennes, qui datent en moyenne de 50 ans.

Trop de réglementations

De retour d'une série de réunions régionales, le président Christian Pèes a relayé une autre préoccupation des coopératives du secteur, à savoir « l'amoncellement de nouvelles réglementations ». Les exemples ne manquent pas, notamment sur la vente de phytos avec l'obligation de déclarer le code postal des agriculteurs, ou encore le numéro de lot de chaque produit, en saisie manuelle vu l'absence de code barre. « Chaque mesure, individuellement, n'est pas significative, a-t-il expliqué. Le problème vient de l'accumulation. » Autre mesure critiquée dans la loi d'avenir pour l'agriculture, la mise en place d'un certificat d'économie de produits phytopharmaceutiques à l'instar de celui pour l'énergie. « Ça risque d'être une nouvelle usine à gaz », a-t-il lâché, en critiquant l'arrivée d'une nouvelle réforme sans bilan préalable de la précédente sur l'agrément des distributeurs.

(1) 7 groupes coopératifs ont répondu, représentant des flux d'environ 13 Mt de grains.

Dijon Céréales achève la construction expresse de 13 000 t de stockage

LA coopérative Dijon Céréales annonce l'ouverture d'un nouveau stockage de 13 000 t à Epoisses (Côte-d'Or), après trois mois de chantier consécutif à la fermeture d'une ligne ferroviaire. « Cette installation va permettre d'accueillir dans de bonnes conditions les agriculteurs livreurs et surtout d'étaler les dégagements qui s'opèrent aujourd'hui en camion », souligne un communiqué diffusé le 30 juin. Il s'agit d'un hangar de deux cellules à plat sur près de 3 000 m2, qui pourra stocker dès le 1er juillet entre 9 000 et 13 000 tonnes de céréales. Sa construction fait suite à la fermeture de la ligne ferroviaire reliant Semur et Epoisses, après le déraillement d'un train le 17 septembre 2013. Aucune remise en état de la voie n'est prévue par Réseau ferré de France, selon le communiqué. « Il fallait une solution pour accueillir plus de volume de collecte à Epoisses », explique Dijon Céréales, qui dispose sur place d'un de ses plus importants silos, avec une capacité avant travaux de 30 000 tonnes. La coopérative prévoit « un surcoût par rapport à la logistique ferroviaire initiale » et veut « développer au maximum les « contrats départ », qui consistent à livrer directement ses clients (meuniers, malteurs, triturateurs…) », ajoute le communiqué.