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Coopération Coop de France veut davantage de régulation en agriculture

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Face au déséquilibre entre l’offre et la demande mondiales en céréales, entraînant une forte hausse des prix depuis juin 2012, Coop de France souhaite davantage de régulation en agriculture. Philippe Mangin, président de Coop de France, a ainsi fait le point, lors d’une conférence de presse le 13 septembre, sur la situation actuellement tendue des filières animales, et préconisé des actions à mener pour y remédier.

«Les cours du soja ont doublé en quelques mois », a commencé Philippe Mangin, président de Coop de France, décrivant une « rentrée mouvementée » pour l’agriculture. Selon lui, le démantèlement des politiques agricoles, voulu par les accords commerciaux internationaux, la croissance démographique, la hausse des niveaux de vie et le réchauffement climatique ont contribué a fragilisé l’équilibre entre l’offre et la demande en produits agricoles. « Cette année, nous allons produire moins de céréales que ce que nous allons consommer dans le monde ,» a indiqué Philippe Mangin. Cette situation aura des conséquences sur les stocks mondiaux, engendrant des phénomènes de spéculation financière qui amplifient la volatilité, en raison du manque de régulation, a-t-il ajouté.

Stockage et régulation pour contrôler la volatilité

Dans ce contexte tendu, Coop de France préconise d’abord le retour à une politique de stockage avec un « pilotage mondial ». « Pour l’instant, les propositions du G20 en la matière sont restées incantatoires », déplore Philippe Mangin. Il faut aussi, selon lui, réintroduire dans les politiques agricoles l’intervention publique et soutenir le stockage privé. Il se félicite d’ailleurs de l’annonce du président de la République, François Hollande, au Space à Rennes, sur son intention de faire accélérer le plan silos en assouplissant les règles de construction. Hubert Grallet, président de Coop de France Métiers du grain, a d’ailleurs indiqué que 3 millions de tonnes (Mt) de capacité de stockage étaient déjà engagées sur les 5 Mt prévues par le plan silos. Considérant les problèmes rencontrés par les productions animales, prises dans l’étau de coûts de l’alimentation animale élevés et de prix de vente qui ne suivent pas, Philippe Mangin a indiqué qu’il fallait mener une réflexion structurelle sur ces filières. S’il a salué l’initiative de la création d’un fonds de solidarité céréaliers-éleveurs, il a souligné que la mise en œuvre de ce dispositif ne sera pas facile. Selon Hubert Grallet, ce fonds pourrait être alimenté par une cotisation volontaire des agriculteurs de 2€/t collectée auprès des coopératives.

Critique d’une Pac qui ne fait que soutenir les revenus

Faisant remarquer une accélération du calendrier en ce qui concerne la réforme de la Politique agricole commune (Pac), avec l’installation par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, du premier comité de suivi de le Pac, Philippe Mangin a regretté que les discussions se figent autour de la répartition des aides et du verdissement. Il se déclare inquiet du fait que le volet de la régulation soit traité de façon secondaire. En la matière, « seuls les droits de plantation en vigne et les quotas sucriers sont maintenus », commente Philippe Mangin. Selon lui, la Pac se résume aujourd’hui au soutien des revenus des agriculteurs et n’a plus sa vocation à orienter l’agriculture. Constat amer du président de Coop de France qui souligne que quand l’Europe maintient ses aides découplées, « pour que celles-ci rentrent dans la boîte verte » de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les États-Unis recouplent à la production leurs aides agricoles dans le prochain Farm Bill. Enfin, en ce qui concerne la contractualisation entre céréaliers et éleveurs, Hubert Grallet a souligné que si des contrats ont été proposés par le passé aux éleveurs, ceux-ci avaient eu du mal à s’engager sur un approvisionnement à terme. Il a cependant reconnu que le système des contrats ne pouvait fonctionner que si il était répercuté le plus loin possible en aval. Selon lui, le fait que l’accord du 3 mai ne permette pas de négocier les hausses dans l’aval explique que ces contrats céréaliers éleveurs n’aient toujours pas vu le jour.

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