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Coopérative/Résultats Coopagri sort d’une année fertile en alliances dans un contexte difficile

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Le groupe coopératif Coopagri Bretagne a mené ou participé tambour battant, tout au long de l’année 2008 à des alliances stratégiques « pour, dit-il, construire l’agriculture et l’agroalimentaire de demain ». Elles sont intervenues dans les secteurs des produits laitiers avec les coopératives Even et Terrena – pour application au 1er juillet prochain –, en viande avec Bigard et en légumes surgelés avec Bonduelle. Dans le même temps, Coopagri a connu une croissance soutenue de son chiffre d’affaires et une baisse sensible de son résultat net.

« 2008 a été une année fertile en alliances », a indiqué Jean-Bernard Solliec, directeur général de Coopagri Bretagne, en recevant la presse le 9 juin au siège du groupe à Landerneau (Finistère). Socopa, dans lequel Coopagri est premier actionnaire avec un pool d’autres coopératives n’avait d’autre choix que de s’adosser au numéro 1 de la viande en France. Selon le président de Coopagri Bretagne et de Socopa, la réorganisation industrielle se poursuit.

Dans les produits laitiers, tout le monde attendait le rapprochement industriel de Coopagri Bretagne, Terrena et Even, qui commercialisaient depuis 1994 leurs beurres, fromages et poudres dans la société Laïta. La nouvelle entreprise démarrera son activité le 1er juillet, avec un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros la première année, à partir de la fabrication de 80 000 tonnes de produits laitiers ultra frais (notamment à la marque Mamie Nova), 60 000 tonnes de fromages, 70 000 tonnes d’ingrédients secs, 45 000 tonnes de beurre et 10 000 tonnes de produits de nutrition santé (produits diététiques, nutrition clinique).

En légume surgelé, Coopagri Bretagne a fait entrer Bonduelle dans le capital de sa filiale Gélagri Bretagne (désormais appelée Gélagri) à hauteur de 35,5 % sur le segment des légumes et produits élaborés surgelés à marque de distributeur pour la grande distribution en Europe. Gélagri s’appuie sur quatre sites de production (deux en France, deux en Espagne) et dispose d’une capacité de production de 150 000 tonnes contre 100 000 t auparavant, et d’un chiffre d’affaires porté de 100 à 160 millions d’euros.

Mais l’année 2008 aura aussi été un exercice paradoxal pour Coopagri Bretagne. D’un côté, ses ventes ont affiché des progressions record : + 12 % pour la coopérative à 1,076 milliard d’euros et + 19,6 % pour le consolidé à 1,951 milliard d’euros. Le groupe a bénéficié, en effet, de la hausse des cours des produits laitiers sur le premier semestre 2008, de celle des matières premières végétales et « des produits de consommation intermédiaire, comme les engrais ».

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Des marchés déprimés en fin d’année

Mais sur la fin de l’exercice, les stocks se sont considérablement alourdis et il a fallu progressivement les vider sur des marchés déprimés. Logiquement, les filières « lait » et « céréales » de Coopagri Bretagne sont déficitaires sur l’exercice 2008, sans plus de détail. Et le groupe affiche un résultat net en baisse de 10,6 %, à 10,9 millions d’euros. Pour autant, le groupe a poursuivi ses investissements industriels (39,5 millions d’euros sur 2008), notamment en direction de Gélagri, la construction de nouveaux points de vente en « jardin », et dans l’industrie de la volaille.

Avec sa filiale Ronsard (Morbihan) que le Premier ministre François Fillon a visitée il y a quelques semaines, Coopagri Bretagne dispose d’un beau relais de croissance qui affiche 162 millions d’euros pour 54 000 tonnes de volailles (poulets standards et sous signes de qualité, dindes) commercialisées pour moitié entières, l’autre moitié découpées et élaborées. Cette année, Ronsard (un peu plus de 1000 salariés) engagera 7 millions d’euros pour agrandir son département dédié aux produits élaborés cuits et le porter à 8000 tonnes de capacités.

Lait : « ne pas se tromper de cible »

Pour l’heure, toutefois c’est l’actualité laitière qui prévaut. A ce sujet, Jean-Bernard Solliec estime que les producteurs qui manifestaient cette semaine en direction de la grande distribution se trompaient de cible. « Même si les GMS acceptaient de baisser de 10 % leur marge sur les produits laitiers, ça ne résoudrait rien, a-t-il expliqué. Il faut avant tout des outils de régulation, des quotas, des autorisations de stocks privés, des restitutions à l’exportation pour éviter que les prix grimpent pendant trois mois, puis chutent le trimestre suivant. Seule la régulation permettra un prix rémunérateur. »