Représentés par plus de 100 exposants au Sirha de Lyon, le salon de la restauration, coopératives et grossistes ont annoncé le 24 janvier leur volonté commune d’organiser leurs relations commerciales sur le marché de la restauration hors domicile (RHD), en croissance. Coop de France et CGI ont décidé d’engager un programme d’actions sur plusieurs axes de relations entre fournisseurs et distributeurs, notamment autour de la différenciation de l’offre et de l’origine des produits.
La fédération des coopératives agricoles françaises Coop de France et la Confédération du commerce de gros et international (CGI) qui représente les grossistes ont saisi l’occasion du Sirha, le salon de la RHD, pour se rencontrer sur la question des relations commerciales. Objectif : travailler ensemble à la création de valeur tout au long de la filière.
Coopératives et grossistes vont travailler ensemble
Cette volonté commune s’est matérialisée par une conférence destinée aux exposants coopératives et grossistes au Sirha, afin qu’ils se connaissent mieux. « Nous nous sommes rendu compte de notre méconnaissance mutuelle », a indiqué Rachel Blumel, directrice de Coop de France agroalimentaire. Coop de France avait plus de 60 adhérents coopératives exposantes au Sirha et la CGI 80 adhérents grossistes exposants. Lors de cette conférence, des témoignages de bonnes pratiques ont été livrés : par exemple entre la coopérative de pommes Blue Whale et le grossiste Pomona. Ce dernier a fait valoir à la coopérative, qui est surtout axée sur l’export, que des débouchés peuvent encore être ouverts sur le marché intérieur, en mettant en valeur la spécificité de l’origine et le producteur.
Après ce premier rendez-vous, des groupes de travail se tiendront sur les relations commerciales coopératives-grossistes pour le marché de la RHD. « Ce marché, estimé en 2016 à 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires, représente un approvisionnement en produits alimentaires de plus de 26 milliards d’euros », avec 10 milliards de repas servis par an, ont indiqué Coop de France et la CGI.
Cinq axes communs
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Les deux organisations ont décidé d’engager un programme d’actions sur plusieurs axes : 1- La gestion et la prise en compte de la volatilité des prix des matières premières dans les marchés publics. 2- L’impact de la loi Sapin 2 dans les relations commerciales. 3- Le développement des produits de proximité et la stratégie d’approvisionnement. 4- L’optimisation logistique au regard des contraintes en zone urbaine. 5- La valorisation des démarches de RSE.
Coop de France entend, par ces relations avec les grossistes, poursuivre sa stratégie de différenciation auprès des clients de ses membres que sont les restaurateurs et cantines. « Les attentes variées des consommateurs s’orientent de plus en plus vers des produits innovants, de proximité, ainsi que vers une transparence sur les modalités de production. Nos coopératives y apportent des réponses pragmatiques et précises qui intéressent les grossistes », a affirmé Michel Prugue, président de Coop de France. « Nous nous adressons à une clientèle en fonction de produits ciblés : on ne dessert pas une cantine scolaire comme un hôpital ni comme une maison de retraite ni comme un restaurant », a détaillé Delphine Kosser, animatrice du comité de liaison agricole et alimentaire de la CGI.
Intérêt partagé à favoriser l’approvisionnement local
La CGI compte quant à elle mettre en valeur les circuits de proximité. « Grossistes et coopératives jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement local en RHD tant en termes de sourcing produits que de circuits-courts », a souligné Marc Hervouët, président de la CGI. Dans cet objectif de l’approvisionnement local en RHD, les grossistes ont dans les coopératives leurs interlocuteurs naturels : « Comme nous sommes dans une démarche de connaissance fine de notre marché, les coopératives, de par leur ancrage territorial, sont à même de nous indiquer quelles sont les pratiques culturales », a précisé Delphine Kosser. Dans le cas des coopératives comme dans celui des établissements de négoce de gros, le rayon d’activité est inférieur à 100 km, a-t-elle ajouté. Sur le thème des circuits courts, la volonté commune des deux organisations rencontre aussi celle des pouvoirs publics et des élus, notamment régionaux, de favoriser l’approvisionnement local.
« Nous nous adressons à une clientèle en fonction de produits ciblés : on ne dessert pas une cantine scolaire comme un hôpital »