Abonné

FILIÈRE PORCINE/STRATÉGIE Cooperl Arc Atlantique abaisse ses coûts et augmente la valeur de ses produits

- - 3 min

Dans un contexte de crise majeure pour la filière porcine, le groupe coopératif Cooperl Arc Atlantique, dont le siège se situe dans les Côtes-d'Armor, a confirmé la semaine dernière sa stratégie d'abaissement des coûts par l'innovation et l'investissement.

La voie empruntée par le leader français de la viande de porcs est raide. Mais Cooperl Arc Atlantique, à la fois premier producteur et premier industriel français du porc (5,540 millions de têtes produites en 2014, 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires dont 36 % à l'export avec 5 000 salariés), s'est doté d'outils pour y parvenir. Un peu plus de 80 % de sa production de porcs vifs sont des animaux non castrés (appelés porcs bien-être), ont annoncé ses dirigeants, lors d'un point presse il y a quelques jours. Ne pas castrer des animaux revient à produire plus de muscles et améliorer sensiblement l'indice de consommation, c'est-à-dire abaisser le volume d'aliments nécessaire à la production du porc. Un point extrêmement important dans le contexte actuel de la filière dont le coût de production est supérieur au prix de vente. « Nous subissons de plein fouet les distorsions environnementales, sociales et fiscales face à nos concurrents allemands et espagnols », explique Emmanuel Commault, directeur général. Produire un porc en France coûte 10 à 15 euros de plus qu'en Alle-magne ou en Espagne. C'est, à ses yeux, la principale raison de la décroissance française et de l'augmentation de la production outre-Rhin et dans la Péninsule ibérique ces dernières années. Cooperl Arc Atlantique déploie en parallèle une stratégie visant à s'éloigner d'une production standard. Il a lancé en 2014 une segmentation, des porcs « bien-être » élevés sans antibiotiques après sevrage. Cette offre représente 12 % de sa production et constitue la base d'une véritable stratégie « différenciante » pour gagner en valeur. Cette politique est soutenue par Brocéliande, sa marque qui estampille désormais autant les produits de charcuterie (300 millions d'euros de chiffre d'af-faires) que de viande (1 milliard d'euros).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Côtes-d'Armor
Suivi
Suivre

L'offre de produits issus d'animaux élevés sans antibiotiques se vend en France comme à l'étranger, « preuve que notre diversification et notre montée en gamme intéressent le marché, y compris international », poursuit Emmanuel Commault. Le cœur de marché de Cooperl Arc Atlantique se situe en Europe, mais le groupe ne délaisse pas le grand export. C'est en Asie du Sud-Est en premier lieu que le groupe costarmoricain a écoulé l'an passé les viandes habituellement vendues à la Russie, après la fermeture de ses frontières. Cooperl Arc Atlantique réalise un peu plus d'un tiers de ses ventes à l'exportation. Pour gagner en productivité, le groupe breton a maintenu son niveau d'investissements (44 millions d'euros sur l'exercice). Il s'est également rapproché du Commissariat à l'énergie atomique pour transférer dans ses usines des tech-nologies robotique. L'objectif de cette course permanente à la performance ? Rester compétitif sur le marché de la viande de porc, et « se préparer à l'ouverture du marché européen aux viandes de porc nord-américaines, dans les dix ans à venir » indique encore le président.