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Porc/résultats Cooperl Arc Atlantique vers le futur

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Cooperl Arc Atlantique a vu son activité légèrement progresser en 2011 (550 000 t de viande de porc). Le leader français du secteur a continué d'investir pour améliorer sa compétivité. Objectif désormais : réaliser de la croissance organique et capter de la valeur par les produits élaborés et le développement du commerce de proximité.

Dans l'industrie de la viande porcine, les années compliquées se succèdent, sans discontinuer depuis quatre ans. Sans surprise, l'exercice 2011 « a été relativement difficile, même s'il est finalement équilibré », explique Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique (Lamballe, Côtes d'Armor). Le leader français de la viande porc a terminé l'année avec un chiffre d'affaires de 1,952 milliard (4 800 salariés). Si son chiffre d'affaires a bondi de 250 millions €, c'est quasi-essentiellement en raison de la hausse de 14,3 % du cours du porc vif au Marché du Porc Breton. Car en volume, le groupe coopératif breton a eu sensiblement la même activité que l'année précédente : 4,9 millions de porcs abattus dans l'année (ou 100 000 porcs/semaine) pour 550 000 t de viande dont 70 000 t de salaisons.
L'activité de nutrition animale (1,6 million t) représente 30 % de ce chiffre d'affaires, l'activité de salaisons (Brocéliande) 15 %. Au final, avec un coût alimentaire en forte augmentation, les 2 700 éleveurs adhérents ont encore eu du mal à joindre les deux bouts. « Leurs revenus sont toujours insuffisants, voire inexistants », commente le groupe. L'industriel n'a pas pu passer toutes les hausses du prix de la matière auprès des industriels de la salaison et de la grande distribution. Cooperl Arc Atlantique a réussi à dégager une capacité d'autofinancement de 30 millions €. Le résultat net progresse légèrement d'une année sur l'autre (5 millions en 2010, 8 en 2011).

Distorsion de concurrence
« C'est le minimum par rapport nos besoins, insiste Emmanuel Commault, directeur général. Pour être présent demain, il faut continuer d'investir pour compenser par les gains de productivité ce qu'on perd à cause du dumping social de l'industrie allemande. Si l'industrie porcine bretonne est en décroissance, c'est à cause de ce dumping. » La possibilité accordée aux entreprises allemandes d'employer de la main-d'œuvre est-européenne inférieure aux minimas sociaux français crée une distorsion de concurrence qui perdure. Une plainte déposée en 2011 par le collectif contre le dumping social en Europe où figurent les organisations représentatives de la filière porcine française est toujours à l'instruction à Bruxelles. D'où la nécessité d'investir.
L'an passé, Cooperl Arc Atlantique a injecté 40 millions € dans ses usines (15 au total). Une bonne partie de l'enveloppe a été consacrée à la poursuite de la remise à niveau des outils de sa branche salaisons (Brocéliande) dont les principaux sites ont été acquis auprès d'Unicopa, fin 2009. Cette politique industrielle va se poursuivre en 2012, avec des investissements annoncés pour 25-30 millions €. Ils seront consacrés uniquement à « la croissance organique du groupe », précise le directeur général. Cooperl Arc Atlantique se donne pour objectif d'augmenter la valeur de sa production. D'abord en renforçant sa fabrication de produits élaborés, actuellement de 10 000 t/an. Pour cela, le groupe va aménager une petite usine dédiée qu'il vient de reprendre à Bigard, à Lamballe et lancer dès l'automne prochain de nouvelles références de viandes élaborées.
Elles ont été validées selon les procédures habituelles (panels notamment), mais aussi dans le réseau Défi Viandes (83 boucheries aux enseignes Maxiviande, Marc Munier, Chevy, Nivernaise des Viandes, Les Prairies de France) dont Cooperl Arc Atlantique a fait l'acquisition, au printemps 2011. Le groupe coopératif ne donne aucun élément sur l'activité 2012. Ce réseau représentait en 2011, au moment de sa reprise par le géant costarmoricain, un chiffre d'affaires de 50 millions € (6 000 t de viande vendues dont 18 % en porc), avec 500 salariés. En tout cas, les résultats de ce réseau de commerces de proximité semblent suffisamment prometteurs pour inciter Cooperl Arc Atlantique à créer un second réseau de boucheries de centre-ville (200 m2 de surface de vente), à l'enseigne Aurélien, du nom du saint-patron des bouchers.
À l'exportation, Cooperl Arc Atlantique tentera de réaliser l'an prochain d'aussi bonnes performances qu'en 2011 (35 % du chiffre d'affaires). « Nous avons été présents sur une cinquantaine de pays, mais c'est la demande de l'Asie du Sud-Est qui tire l'ensemble de l'activité », souligne le président Guy Dartois. Il cite en particulier la Chine où la demande, autrefois limitée aux oreilles et aux pieds, évolue désormais vers des morceaux nobles.

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