Sur un marché saturé en viandes, le groupe coopératif Cooperl-Hunaudaye, dont le chiffre d’affaires a stagné en 2003, a choisi de renforcer son potentiel de découpe et de fabrication d’unités de vente consommateurs.
En dépit de la progression de ses volumes dans la nutrition animale (+ 0,6 % à 1,353 million de tonnes d’aliments), dans la production de porcs charcutiers (+ 8 % à 3,272 millions de têtes), et dans l’abattage (+ 6,14 % à 3,4 millions de porcs), le groupe coopératif Cooperl-Hunaudaye a souffert des cours bas en 2003. Son chiffre d’affaires n’a pas progressé, s’établissant à 857 millions d’euros dont 491,6 millions dans l’industrie de la viande. Quant au résultat net, il « a été nettement moins bon que les années précédentes, à 3,9 millions d’euros », a commenté le directeur général, Jean-Claude Commault. Des cours bas à la production entraînent en aval une très faible valorisation de la viande par les entreprises d’abattage et de découpe. Les coopératives ont en outre l’obligation « d’aider les éleveurs à passer ce très mauvais passage », a souligné M. Commault. Cooperl-Hunaudaye a redistribué en 2003 à ses 1 182 éleveurs adhérents de fortes bonifications, l’équivalent de « 5 centimes du kilo en moyenne en plus de la référence du marché au cadran ».
Renforcement de la découpe
Sur les 24 millions d’euros investis en 2003, le groupe a réservé le tiers à l’accroissement des capacités de l’atelier dédié à l’élaboration des viandes, des saucisses et des UVC. Ainsi, le tonnage en découpe de porc a progressé de 9,57 % à 265 000 tonnes de viande, plus vite que l’abattage (environ 6 %). Les UVC, elles, demeurent encore modestes à 6 730 tonnes (+ 4,28 %), mais la montée en puissance du nouvel atelier devrait renforcer leur présence dans l’offre de l’entreprise. Le groupe, qui emploie 2 700 salariés, va investir 10 millions d’euros supplémentaires en 2004 dans la réfection des lignes de découpe et de désossage. C’est la seconde tranche de l’extension de la découpe-salaison de l’usine de Lamballe. Objectif : se conformer aux nouvelles réglementations d’hygiène et de sécurité, et améliorer la productivité sur le site.
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Crise permanente
La poursuite des investissements en aval va devenir réellement essentielle. Jean-Claude Commault s’attend, en effet, à une baisse des abattages de 2 à 3 % en 2004. C’est la seule solution pour sortir de la crise permanente qui caractérise depuis trois ans la filière. La production au plan mondial est trop importante. Les pays de l’Union européenne « favorisent leur production nationale et les surplus ne trouvent plus preneurs », explique-t-on.
Cooperl-Hunaudaye a cependant réussi à exporter 25 % de son chiffre d’affaires industrie, en dépit d’un euro fort au plan mondial et d’écarts de coûts de production entre l’Europe et le Brésil notamment. Envisage-t-il alors un rapprochement avec d’autres structures ? « La concentration est en marche à l’amont, elle débouchera forcément un jour sur l’aval », analyse son dirigeant.