Le groupe breton Cooperl a maintenu sa croissance en volume et en valeur l’an dernier mais ses résultats ont été en retrait, ce qui n’empêche pas la coopérative de continuer d’investir pour rester compétitif par rapport aux grands concurrents européens.
Le groupe porcin Cooperl-Hunaudaye (Lamballe, Côtes d’Armor) qui fête ses quarante ans d’existence, peut se flatter d’avoir tracé une vraie trajectoire dans le cochon et bâti une solide filière associant la production (1 200 producteurs, 3,3 millions de porcs produits), la nutrition animale (1,434 million de tonnes dans trois usines) et l’industrie de la viande (322 000 tonnes pour 3,6 millions de porcs abattus).
Les dirigeants de Cooperl-Hunaudaye ont donné à cette occasion à la presse quelques aperçus chiffrés sur l’activité de 2005. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe coopératif porcin a atteint 946,2 millions d’euros dont presque 62 % pour la seule industrie de la viande. L’exportation a fait des bonds en 2005 puisqu’elle représente 35 % du CA viande du groupe.
Si le tonnage et la valeur de la viande ont progressé, entre 2004 et 2005, respectivement de 3,36 % et 6 %, les résultats du groupe ont diminué en performances. Le résultat net atteint 8,66 millions d’euros contre 13,3 millions l’exercice précédent. Raisons invoquées : la fin des aides de Robien (RTT), l’augmentation du coût de l’énergie et du transport, etc.
Cependant, « eu égard au contexte concurrentiel (du secteur en 2005) », les chiffres obtenus satisfont le directeur général, Jean-Claude Commault. Le cash flow s’établit à 27,36 millions € et les fonds propres sont de 175 millions.
Nouvelles capacités en UVC et salaisons
L’entreprise continue d’investir et de se développer dans une « stratégie d’élaboration et d’ouverture sur tous les marchés tout en maîtrisant au maximum (ses) prix de revient », souligne-t-elle.
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En 2005, 30 M EUR ont été investis dont 15 M pour la seule partie viande. Il s’agissait notamment de terminer un programme sur trois ans de 25 millions d’euros visant à réorganiser l’ensemble de la découpe primaire et du désossage pour gagner en productivité et abaisser les coûts. Et de faire l’acquisition « de nouvelles lignes en unités de vente consommateurs et salaison pour faire face à de nouvelles demandes, tant en nouveaux produits qu’en volumes supplémentaires », indique Cooperl dans son rapport d’activité. Ces fabrications représentent au total près de 20 000 tonnes de salaisons (plus de la moitié en lardons et poitrines) et 8 000 à 10 000 tonnes d’UVC.
Sur la partie abattage, Cooperl-Hunaudaye estime disposer d’outils performants qui répondent aux demandes de son industrie de transformation. L’abattoir de Lamballe travaille en deux huit sur un rythme de 42 000 à 43 000 cochons par semaine, celui de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) à 30 000 porcs par semaine, mais avec une réserve de développement.
Aux yeux des dirigeants de Cooperl-Hunaudaye, les performances de leur organisation industrielle n’a rien à envier à celle des grands intervenants européens. « Nous avons toujours fait le choix de gros outils spécialisés », indique le président de Cooperl-Hunaudaye, Guy Dartois. « Avec nos 70 000 porcs traités par semaine dans deux usines, nous sommes tout à fait compétitifs par rapport aux concurrents européens », renchérit Jean-Claude Commault.
Doit-on s’attendre à voir Cooperl-Hunaudaye jouer un rôle important dans les restructurations en cours dans le monde porcin ?
Pourquoi pas en salaisons, reconnaît Jean-Claude Commault. Mais pas à n’importe quel prix. Le groupe de Lamballe a reconnu s’être intéressé à Aoste que le groupe Sara Lee a finalement vendu au géant américain de la viande de porc, Smithfield. « A 500 millions d’euros, c’était trop cher pour nous qui n’avons que 175 millions de fonds propres ». L’occasion était pourtant belle pour Cooperl de consolider ses relations avec Aoste, auquel il a vendu en 2005 près de 42 millions d’euros de cochons, soit près de 10 % de son CA viande.