L’accord doit encore être validé par la Cop23 en plénière le 17 novembre. « Les solutions apportées par l’agriculture commencent à être reconnues », s’est félicité le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert.
Le 15 novembre, les pays réunis à Bonn (Allemagne) dans le cadre de la 23e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dite Cop23, se sont mis d’accord sur une proposition de programme de travail sur l’agriculture. Cet accord a été salué par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert lors d’une conférence de presse le 16 novembre. « Les solutions apportées par l’agriculture commencent à être reconnues », s’est-il félicité. Cette proposition doit être « validée en plénière le 17 novembre », précise à Agra Presse Anne-Laure Sablé du CCFD. Après validation, les travaux seront conduits pendant trois ans.
Définir les outils et les moyens
Concrètement, le groupe de travail doit traiter des questions techniques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des moyens, notamment financiers, associés. « Nous restons vigilants pour que des initiatives comme le 4 pour 1 000 ou l’agriculture climato-intelligente n’envahissent pas les futures discussions », précise-t-elle. L’objectif est de trouver, entre États uniquement, une direction aux politiques agricoles des 194 pays de la Convention climat. « Ce n’est pas contraignant, mais ça donnera un horizon agricole commun », explique Anne-Laure Sablé.
Le ministre de l’Agriculture s’est par ailleurs félicité que le groupe Danone annonce, à l’occasion de la Cop23, qu’il rejoint l’initiative 4 pour 1 000.
15 364 scientifiques font un constat d’échec sur les défis environnementaux
Deux jours avant cet accord, 15 364 scientifiques de 184 pays ont publié une tribune dans la revue Biosciences, faisant un constat d’échec de l’humanité sur les questions environnementales, et proposant notamment de réduire le gaspillage et se tourner vers une alimentation essentiellement végétale.
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« En 1992, plus de 1 700 scientifiques indépendants […] exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement », débutent les scientifiques dans leur tribune. La suite du manifeste sonne comme un cri d’alarme : « Depuis 1992, hormis la stabilisation de l’amenuisement de la couche d’ozone stratosphérique, l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux. »
Dans la dernière partie du texte, les scientifiques proposent quelques exemples de mesures pour « opérer la transition vers la durabilité ». Parmi elles, on trouve la préservation des services rendus par la nature en stoppant la conversion des forêts, prairies et autres habitats originels, réduire le gaspillage alimentaire par l’éducation, promouvoir une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale ou encore se tourner massivement vers les sources d’énergie vertes.
À la Cop23, Nicolas. Hulot lance un « budget participatif » de 3 M€
À l’occasion d’une conférence de presse le 16 novembre lors de la Cop23 à Bonn, le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a annoncé le lancement d’un « budget participatif » de 3 M€, en partenariat avec l’Ademe et l’agence de la biodiversité. Les projets financés par ce budget seront proposés, mis en œuvre et choisis par des « citoyens », a-t-il annoncé. Les projets devront s’inscrire dans les thèmes de « l’économie circulaire », les économies d’énergie et la préservation de la biodiversité. Les projets sélectionnés seront présentés officiellement en mai 2018, a conclu Nicolas Hulot.