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Cop26 : appel à accélérer les efforts

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Alors que les négociations de la Cop26 touchaient à leur fin – avec un projet de conclusions appelant à accélérer les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre –, la Commission européenne a annoncé la mobilisation de 100 millions d’euros pour abonder le Fonds pour l’adaptation au réchauffement climatique, et prépare des propositions pour lutter contre la déforestation.

Alors que la conférence mondiale sur le climat de Glasgow devait se clore le 12 novembre, un premier projet de résolution de cette Cop26, publié le 10 novembre, encourageait les pays à réviser à la hausse leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre dès 2022, soit trois ans avant la date prévue par l’accord de Paris. Ce texte, publié par la présidence britannique et qui était encore appelé à modifications, propose « des réductions d’émissions de CO2 de 45 % en 2030 par rapport au niveau de 2010 et à la neutralité carbone vers le milieu du siècle ».

Autre dossier, celui du financement des efforts d’adaptation. La Commission européenne mobilisera 100 millions d’euros en faveur du Fonds pour l’adaptation relevant du Protocole de Kyoto, a annoncé son vice-président, Frans Timmermans, le 9 novembre, lors d’un discours à Glasgow. Cette nouvelle contribution provenant du budget de l’UE s’ajoutera au montant record de 232,6 millions de dollars de nouvelles promesses de dons – soit près du double du précédent record battu il y a trois ans lors de la Cop24 (129 millions) – déjà atteint.

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Déforestation

Et le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a également prévenu, le 4 novembre à l’issue d’une réunion avec le ministre des Affaires étrangères brésilien Carlos França, que « le respect de l’environnement serait crucial pour permettre la ratification de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur ». Il a encouragé « fermement le Brésil à tenir les engagements pris cette année, notamment les plus récents, à l’occasion de la Cop26 » en matière de réduction des émissions de CO2 et de lutte contre la déforestation. Le processus de ratification est actuellement au point mort côté européen en raison de l’opposition de certains États membres (France, Autriche, Luxembourg, Allemagne…) qui doutent de l’engagement du Brésil à protéger l’environnement, eu égard à la hausse de la déforestation et des incendies en Amazonie. Dans le cadre des négociations toujours en cours, la Commission souhaite notamment intégrer un chapitre dédié au développement durable.

Selon une évaluation publiée le 5 novembre par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) l’expansion agricole serait responsable de près de 90 % (50 % pour les cultures et 40 % pour les pâturages) de la déforestation dans le monde, ce qui représente un impact bien supérieur à ce qui était estimé jusqu’ici. L’agriculture est la principale cause de la déforestation dans toutes les régions du monde, à l’exception de l’Europe, où c’est l’urbanisation et le développement des infrastructures qui ont contribué de manière plus importante à ce phénomène. En Amérique du Sud (et donc au Brésil), près des trois quarts de la déforestation sont attribuables au pâturage du bétail. La Commission européenne doit présenter le 17 novembre des propositions pour lutter contre la déforestation importée.

Lire aussi : Déforestation importée : Bruxelles avance à novembre la présentation de ses propositions