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Coronavirus en Italie : jusqu’ici, peu d’effet pour les broutards

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Au 10 mars, les envois de broutards vers l’Italie étaient « presque normaux », rapportent les exportateurs français. Mais ils craignent l’effet sur les entreprises transalpines des nouvelles mesures prises par le gouvernement italien le 9 mars. La consommation de viande issue de broutards serait, quant à elle, relativement épargnée.

Jusqu’ici, les mesures sanitaires prises par le gouvernement italien pour lutter contre la propagation du coronavirus ont eu un « impact modéré » sur les exportations françaises de broutards, bien que leur principale destination soit l’Italie, rapportent les exportateurs interrogés par Agra Presse le 10 mars.

« Les flux ne sont pas interrompus, les volumes sont presque normaux, les abattoirs continuent de tourner, des places d’engraissement se libèrent dans les élevages », constate Benoit Albinet, directeur de Deltagro, entreprise française d’export de bovins vifs. « Ce n’est pas catastrophique », étaye Frédéric Lagarde, directeur commercial chez EuroFrance.

Craintes de « dysfonctionnements »

Mais l’extension de mesures de confinement à toute l’Italie du Nord, principal bassin d’engraissement des broutards, puis à toute l’Italie ce 10 mars, inquiète : « Ce sont surtout les dysfonctionnements d’entreprises qui nous inquiètent, car il est recommandé de mettre en congés ou en télétravail les salariés, précise Benoit Albinet. Nous verrons quelle sera la réalité des entreprises ».

« Nous ne connaissons pas encore les conséquences », affirme Frédéric Lagarde. L’épisode intervient toutefois à une période de l’année où les exportations de broutards ralentissent, note-t-il. Côté consommation, la viande issue de broutards serait peu affectée, car surtout consommée en GMS et boucheries traditionnelles, et peu hors domicile.

Le ministère rassure sur la frontière

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Malgré l’imposition de ces nouvelles mesures, « les transports professionnels de marchandises à destination de l’Italie restent possibles, en particulier des produits agroalimentaires et des animaux vivants », a rassuré le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 11 mars.

Les échanges continuent « sous réserve du respect par les transporteurs de certaines exigences (une auto-déclaration doit être présentée aux forces de l’ordre en cas de contrôle, permettant de justifier de la circulation en Italie) », précise le communiqué. Des informations sont rendues disponibles sur le site de FranceAgrimer.

Tensions en Nouvelle Aquitaine

Une communication qui intervient après des tensions en Nouvelle Aquitaine entre éleveurs et commerçants. Dans un article paru dans la presse régionale du Centre le 4 mars, Rolland Pellenard, président de l’association d’éleveurs Opalim, s’insurge contre « ceux qui essaient de créer une psychose chez les éleveurs pour tirer les prix vers le bas » et aurait dénoncé des manœuvres du type « vous savez, l’Italie va fermer ses portes alors il faut me vendre tout de suite, mais moins cher. »

Dans un communiqué le 10 mars, la Fédérations des commerçants en bestiaux (FFCB) a démenti ces allégations : « Jusqu’à ce jour, les cours des bovins vifs destinés à l’export vers l’Italie ne font pas l’objet d’une baisse intentionnelle des prix afin de profiter d’une quelconque opportunité malsaine. Les cotations nationales confirment bien un maintien des cours en dépit des difficultés rencontrées jusqu’à présent. »

« Ce sont surtout les dysfonctionnements d’entreprises qui nous inquiètent »