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La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a annoncé le 6 janvier vouloir consacrer une enveloppe de 150 millions d’euros à des fonds d’investissement dédiés aux PME et ETI exportatrices, souvent contraintes de renoncer rapidement à exporter faute de fonds propres. Il s’agit pour la ministre de « pérenniser leur présence à l’international » alors que « sept entreprises sur dix qui exportent pour la première fois ne le font plus l’année suivante ». Cela s’explique par le fait que ce sont souvent des entreprises jeunes qui ne disposent pas de fonds propres nécessaires « pour faire face aux aléas des contrats, car on n’a pas forcément des contrats tous les ans, et aux besoins d’investissements aux fins d’innovation », a-t-elle expliqué. L’enveloppe annoncée est prise dans le cadre du programme FSI France Investissement 2020, doté de 5 milliards d’euros sur 2012-2020, géré par CDC Entreprises et dont l’objectif est de soutenir en fonds propres des PME à fort potentiel de croissance. Un label « Export » sera développé par CDC Entreprises afin d’identifier ces fonds, précise le ministère. Deux types de fonds seront éligibles : ceux pour lesquels l’internationalisation des sociétés est le fondement de leur stratégie d’investissement et les fonds généralistes qui s’engagent à investir dans des PME exportatrices.
Les industriels souhaitent plus de lisibilité dans les aides
Cette annonce intervient alors que la majorité des PME et TPE exportatrices jugent inefficace, peu lisible et mal coordonné le système français public et privé de soutien à l’exportation et 78% ne l’utilisent pas, selon un sondage Ifop pour les opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI). À la question « d’une manière générale diriez-vous que globalement le système français de soutien à l’export à destination des entreprises est efficace », 61% répondent « non », 21% précisant « pas du tout » et 40% « plutôt pas ». 70% estiment qu’il n’est « plutôt pas » (43%) ou « pas du tout » (23%) compréhensible et une écrasante majorité (78%) des petites et moyennes et très petites entreprises (PME et TPE) disent se charger elles-mêmes de la commercialisation de leurs produits à l’étranger. Un signe est toutefois encourageant : sur les 22% d’entreprises faisant appel à des services d’accompagnement à l’exportation, une très large majorité (82%) se déclarent satisfaites. 8% de l’ensemble des entreprises interrogées font appel à un organisme public, 6% à une entreprise.
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