Le couperet du 1er mars est tombé. Les négos annuelles seraient donc terminées, en théorie. Quelques jours plus tôt, la FCD jurait à Bruno Le Maire que le timing était respecté, ce que conteste à présent le président de l’Ania pour qui « seules 50 à 60 % des discussions » sont bouclées. La distribution assurait aussi que « toutes les enseignes intégraient à leur juste mesure les mouvements de prix des matières premières » sans accepter toutefois « certains tarifs injustifiés et sans lien avec ce contexte ». La FCD se flatte ainsi de « contenir l’inflation aux environs de 2 %, maximum 3 % » pour ne pas affecter, vu « le contexte économique difficile, la consommation, moteur de la croissance ». Pour l’Ania au contraire le compte n’y est pas, aucun industriel n’ayant réussi à obtenir plus que 2,5 % et la fourchette réelle allant plutôt de 0 à 2,5 %. Or, s’insurge l’association, les hausses de coûts ne concernent pas que celles des matières premières quand par exemple les coûts d’Eco-Emballages, qui ont déjà bondi de 25 % l’an dernier, vont encore grimper de 11 % cette année. Le plus curieux dans l’affaire est que, en plein décalage avec ces négociations réelles, s’est ouvert un débat – amplifié par le Salon de l’Agriculture – sur une indexation des tarifs sur les cours des matières premières. L’idée, prudemment lancée en janvier par Philippe Mangin, a été défendue avec force par le président de la Fnsea devant les politiques qui n’ont pu que la soutenir ; les industriels y ont vu une opportunité à saisir et déclaré l’idée intéressante ; les distributeurs se font plus que tirer l’oreille et déjà le lobby consommateur veut faire barrage pour qu’on ne reporte pas sur les ménages tout le poids de la flambée des prix agricoles…
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